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CAPITAL 🔵 Impôts, pouvoir d’achat… à Bercy, la préparation chaotique du budget pour 2025

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Le calendrier est fixe. En été, les décisions pour le budget de l’année suivante sont prises à Bercy. Sauf que cette année, faute de connaître le gouvernement qui sera aux manettes pour le présenter à l’automne au Parlement, il est difficile d’avancer sur les mesures qui pourront concerner les ménages en 2025.

Malgré l'instabilité politique actuelle, le budget pour 2025 se prépare

© Kévin Comte

– MalgrĂ© l’instabilitĂ© politique actuelle, le budget pour 2025 se prĂ©pare

«Je ne suis pas en tongs, ni sur la plage. Je travaille de 7 heures Ă  22 heures», a tenu Ă  prĂ©ciser Bruno Le Maire, toujours ministre de l’Economie, Ă  l’occasion d’un briefing presse, organisĂ© ce jeudi 11 juillet. Car si le locataire de Bercy n’a pas encore fait ses valises, c’est que de nombreux dossiers restent Ă  traiter, mĂŞme en cette pĂ©riode d’incertitude politique. Et le premier d’entre eux est la prĂ©paration du budget pour 2025, et donc des mesures concrètes qui vont toucher les mĂ©nages l’annĂ©e prochaine, notamment en matière de fiscalitĂ©.

Traditionnellement, les discussions commencent au printemps et les arbitrages sont pris en aoĂ»t. Le calendrier est contraint puisque le projet de loi de finances pour 2025 doit ĂŞtre prĂ©sentĂ© d’ici le 1er octobre et les mesures doivent ĂŞtre communiquĂ©es au conseil d’Etat d’ici fin aoĂ»t. Bruno Le Maire tient Ă  montrer qu’il aura fait sa part pour respecter ce calendrier. «On essaie de faire en sorte d’avancer le plus possible la prĂ©paration du budget pour permettre Ă  n’importe quel gouvernement, ensuite, de faire un budget dans les temps», confirme son cabinet.

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Concrètement, les travaux techniques entre les ministères pour visualiser les tendances de dépenses ont été réalisés au printemps et certains aspects techniques du projet de loi de finances peuvent être envoyés au fil de l’eau au Conseil d’Etat. «Pour les sujets plus politiques, il est nécessaire d’avoir une visibilité sur le futur gouvernement», précise le cabinet de Bruno Le Maire.

Objectif de déficit à 5,1% en 2024

Avant son probable départ du gouvernement, le locataire de Bercy soigne donc sa communication et veut couper court aux nombreuses critiques qui lui ont été faites ou qui pourraient encore arriver, même s’il ne fera plus partie de l’exécutif. Attaqué à de multiples reprises par les oppositions lors de la campagne des législatives pour avoir laissé filer le déficit, Bruno Le Maire s’est défendu en affirmant qu’il a eu «une gestion responsable», malgré de nombreux aléas comme la crise du Covid et la période inflationniste. Il s’appuie pour cela sur deux rapports de l’Inspection générale des finances (IGF), publiés ce jeudi, montrant que l’écart en 2023 entre le déficit annoncé (4,9% du PIB) et le déficit réel (5,5% du PIB) ne pouvait pas être anticipé et que, pour 2024, les chiffres sont pour le moment en ligne avec les prévisions.

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ConfortĂ© dans sa position par ces deux documents, Bruno Le Maire a rappelĂ© que l’objectif, qui restait le sien, Ă©tait de ramener le dĂ©ficit Ă  5,1% du PIB en 2024, puis en dessous de la barre de 3% fixĂ©e par Bruxelles en 2027. Pour 2024, il considère que «c’est de sa responsabilitĂ© de ministre de prĂ©parer les dĂ©cisions nĂ©cessaires pour tenir ce 5,1% de dĂ©ficit». Des mesures ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prises comme la rĂ©duction du bouclier tarifaire sur l’énergie (5 milliards d’euros) et le dĂ©cret d’annulation, en fĂ©vrier dernier, de 10 milliards de dĂ©penses de l’Etat.

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Encore 10 milliards d’euros d’économies en 2024

Et pour 2024, le ministre de l’Economie ne veut pas s’arrĂŞter lĂ . «J’ai signĂ© aujourd’hui un courrier de notification Ă  tous les ministères sur leurs plafonds de dĂ©penses. Il marque une rĂ©duction des dĂ©penses de l’ordre de 5 milliards d’euros», a-t-il indiquĂ©, sans prĂ©ciser toutefois quels seraient les ministères les plus touchĂ©s par ces restrictions budgĂ©taires. Tous les crĂ©dits de dĂ©penses demandĂ©s au-dessus des plafonds fixĂ©s seront gelĂ©s. «Si un prochain gouvernement veut dĂ©geler les crĂ©dits, il pourra le faire. Ce n’est pas un passage en force, il suffit d’une simple signature du nouveau ministre de l’Economie pour revenir dessus», a-t-il rappelĂ©.

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A cette rĂ©duction de dĂ©penses de 5 milliards d’euros s’ajoutent une refonte de la taxation des rentes sur les Ă©nergĂ©ticiens, qui devrait rapporter 3 milliards d’euros, et la demande aux collectivitĂ©s locales de rĂ©aliser 2 milliards d’économies. Le total des Ă©conomies prĂ©vues pour 2024 s’élevant Ă  25 milliards d’euros.

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Fort de montrer les économies réalisées, Bruno Le Maire prépare même la future copie pour l’an prochain. Déjà, des lettres de plafonds, cadrant les dépenses pour les ministères en 2025, ont été rédigées. Mais pas signées, afin de laisser les mains libres à son successeur. Des pistes d’économies pour l’année prochaine sont aussi sur la table, mais le ministre ne les a pas dévoilées, rappelant qu’en principe, elles ne sont présentées qu’en septembre. «Ma responsabilité, c’est de préparer les décisions. A charge au prochain gouvernement de les reprendre ou non», a simplement souligné Bruno Le Maire, qui veut montrer qu’il a bien mis tout en ordre, avant de quitter un ministère qu’il a occupé pendant près de sept ans.

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