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CAPITAL 🔵 Front populaire : ces sujets économiques qui divisent la nouvelle alliance de gauche

Dissolution assemblée nationale


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Après la dissolution de l’Assemblée nationale, les partis de gauche se sont réunis sous la bannière du front populaire. Est-ce réellement l’heure de la grande réconciliation ? Certains sujets économiques brûlants peuvent nous en faire douter…

Pour peser aux élections législatives, les forces de gauche s'allient sous la bannière du front populaire.

© HJBC/Adobe Stock

– Pour peser aux Ă©lections lĂ©gislatives, les forces de gauche s’allient sous la bannière du front populaire.

Après la célébration de la réconciliation, le casse-tête commence. Lundi 10 juin, au lendemain d’élections européennes soldées par la victoire du Rassemblement national, les forces de gauche ont surpris leurs adversaires en annonçant la constitution d’un nouveau «front populaire» pour faire face à la majorité présidentielle et à l’extrême droite lors des élections législatives du 30 juin et du 7 juillet. Formée dans l’urgence après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République, cette alliance regroupe le Parti socialiste, la France insoumise, les Écologistes, le Parti communiste français. Des partis qui, 24 heures plus tôt, s’affrontaient lors des élections européennes.

Ces alliés de circonstance vont-ils vraiment s’entendre ? Dans son premier communiqué, le front populaire évoque la nécessité de «combattre le projet raciste de l’extrême droite», qui vaut bien quelques compromis. Evidemment, il faudra trouver une solution à la bataille des egos : qui prendra le poste de Premier ministre en cas de victoire ? Mais d’autres sujets sensibles opposent ces partis, notamment sur les volets économiques et industriels.

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L’aide à l’Ukraine, un sujet brûlant

Le Parti socialiste (PS) et la France insoumise s’écharpent depuis des mois sur cette question cruciale pour l’industrie de la défense. L’État français doit-il apporter une aide militaire à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie ? Le 10 juin, la France insoumise a répété sa position : refuser «l’escalade de la guerre en Ukraine». Raphaël Glucksmann, tête de liste du groupe PS-Place Publique, défend une toute autre position. «Nous augmenterons les livraisons d’armes à l’Ukraine et construirons une défense européenne», lit-on dans son programme pour les élections européennes.

S’agira-t-il vraiment d’un point bloquant pour le front populaire ? Rappelons que ce ne sont pas les parlementaires français qui décident ou non de livrer des armes à l’Ukraine. Cette responsabilité revient au chef des armées, le président de la République. Les députés, quant à eux, surveillent plutôt l’état du tissu industriel français en auditionnant régulièrement les dirigeants des groupes tricolores de défense. Ils votent aussi la loi de programmation militaire, qui définit le budget et la trajectoire financière des armées.

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Mais ces désaccords sur les livraisons d’armes illustrent aussi d’importants différends en matière d’alliances géopolitiques : contrairement au Parti socialiste, la France insoumise a souvent critiqué l’appartenance de la France à l’OTAN, qu’elle considère comme un moteur pour le «renforcement de la présence militaire étasunienne en Europe».

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Sur l’Europe et le nucléaire, pas d’atomes crochus

C’était déjà un sujet de discorde au temps du Front de gauche, lors de l’élection présidentielle de 2012. Douze ans plus tard, les compagnons de route du front populaire se sont encore plus éloignés les uns des autres sur les questions énergétiques. Le Parti communiste milite pour une «relance du nucléaire en France». De son côté, la France insoumise défend une position radicalement différente puisque le parti mené par Jean-Luc Mélenchon souhaite tout simplement une «sortie du nucléaire» pour atteindre un mix énergétique composé à 100% d’énergies renouvelables en 2050. Cette sortie du nucléaire est également encouragée par les Écologistes, même si leur calendrier est plus flou. Moins radical qu’au temps de François Hollande, l’ancien meneur du PS rallié à la cause anti-nucléaire, le PS veut aujourd’hui tendre vers le 100% renouvelable «à un horizon de temps raisonnable» et considère le nucléaire comme une «énergie de transition».

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La France Insoumise et le Parti communiste pourront se réconcilier sur un autre sujet : pour alléger les factures d’électricité des Français, les deux organisations dénoncent le fonctionnement du marché européen de l’électricité. Mais de son côté, Raphaël Glucksmann refuse de quitter le mécanisme. Là encore, cette dissension révèle un désaccord plus profond sur l’Union européenne (UE). Le Parti socialiste voit l’UE comme «un espace pertinent pour sortir de nos dépendances en matière alimentaire, médicale, industrielle, énergétique, militaire…», tandis que la France insoumise, sans aller jusqu’à défendre une sortie de l’UE, imagine plutôt une France indépendante qui bâtirait des coopérations «altermondialistes».

Raphaël Glucksmann casse déjà l’ambiance au front populaire

Heureusement pour le front populaire, les partis de gauche trouvent aussi des points d’entente sur l’amélioration du pouvoir d’achat, le soutien aux services publics ou encore la taxation des superprofits. La France insoumise comme le Parti socialiste veulent annuler la réforme de l’assurance chômage et revenir sur la réforme des retraites. Est-ce que cela suffira à rassembler la gauche ? Raphaël Glucksmann n’a pas hésité à casser l’ambiance au lendemain de la création du front populaire. «Il n’y a pas eu et il n’y aura pas d’accord avec LFI», ont grondé des proches du président de Place Publique dans les colonnes de L’Opinion. Un signe que ces points de désaccord sur l’économie ne sont pas si anodins…

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