CAPITAL 🔵 Dissolution de l’AssemblĂ©e : le RN se voit dĂ©jĂ  en haut de l’affiche, et si c’était plus compliquĂ© que ça ? – Shango Media
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CAPITAL 🔵 Dissolution de l’Assemblée : le RN se voit déjà en haut de l’affiche, et si c’était plus compliqué que ça ?

«Nous sommes prĂŞts Ă  exercer le pouvoir». Quelques minutes après l’annonce de la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale par Emmanuel Macron dimanche 9 juin, Marine Le Pen a pris la parole depuis le QG du Rassemblement national (RN). Fort de ses 31,36% de voix et de ses 30 eurodĂ©putĂ©s, le parti s’imagine dĂ©jĂ  sortant vainqueur des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es, consĂ©quence directe de la dissolution de la chambre basse. Elles auront lieu les 30 juin et 7 juin.

Le scĂ©nario qui suit est prĂŞt lui aussi. En cas de majoritĂ© aux nouvelles Ă©lections lĂ©gislatives, «les choses sont très claires, ce serait Jordan Bardella Premier ministre», a assurĂ© Laure Lavalette, porte-parole du RN lundi 10 juin. Marine Le Pen prĂ©fère se rĂ©server pour le poste de prĂ©sidente de la RĂ©publique. «Depuis des mois, nous travaillons avec Jordan Bardella dans le cadre d’un couple exĂ©cutif dans le but de remplir au mieux les fonctions que les Français nous confieraient. Moi vers la prĂ©sidence de la RĂ©publique, lui vers Matignon, il n’y a aucune raison de changer cela», a indiquĂ© l’ex-candidate Ă  l’élection prĂ©sidentielle, lundi soir sur TF1. Son bras droit, Jordan Bardella, prendrait alors la place de l’actuel Premier ministre, Gabriel Attal.

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Vers une cohabitation entre Jordan Bardella et Emmanuel Macron ?

«Le gouvernement Ă©tant responsable devant l’AssemblĂ©e nationale, le prĂ©sident de la RĂ©publique a vocation Ă  nommer Ă  la tĂŞte de ce gouvernement une personnalitĂ© qui puisse avoir l’appui de la majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale», explique le Conseil constitutionnel. Au vu de ses rĂ©sultats aux Ă©lections europĂ©ennes, le RN imagine pouvoir obtenir la majoritĂ© absolue Ă  l’AssemblĂ©e nationale et donc accĂ©der au poste de chef du gouvernement. Dans ce cas, le prĂ©sident de la RĂ©publique et le Premier ministre doivent exercer le pouvoir exĂ©cutif sans ĂŞtre du mĂŞme bord politique : c’est ce qu’on appelle la cohabitation. La France a connu trois pĂ©riodes de cohabitation dans l’histoire de la Ve RĂ©publique. La première a eu lieu sous François Mitterrand (PS) de 1986 Ă  1988, avec Jacques Chirac comme Premier ministre (RPR). La deuxième s’est dĂ©roulĂ©e de 1993 Ă  1995 au cours du second septennat de Mitterrand, avec Édouard Balladur (RPR) Ă  la tĂŞte du gouvernement. La dernière a eu lieu de 1997 Ă  2002 sous la prĂ©sidence de Jacques Chirac : c’est Lionel Jospin (PS) qui avait alors Ă©tĂ© dĂ©signĂ© Premier ministre.

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Cependant, «le PrĂ©sident n’est jamais obligĂ© de nommer Premier ministre ni le chef de l’opposition, ni la personnalitĂ© suggĂ©rĂ©e par le groupe majoritaire Ă  l’AssemblĂ©e nationale», prĂ©cise Benjamin Morel, politologue et constitutionnaliste. Il s’agit d’une «convention», qui n’est pas inscrite noir sur blanc dans la Constitution. «Admettons que le RN obtienne la majoritĂ© absolue, Emmanuel Macron peut tout Ă  fait nommer Marine Le Pen par exemple», envisage l’expert, mĂŞme si celle-ci rĂŞve de voir Jordan Bardella occuper ce poste. Le prĂ©sident de la RĂ©publique peut aussi opter pour un «membre du parti Les RĂ©publicains, en espĂ©rant ensuite que les dĂ©putĂ©s RN ne votent pas de motion de censure contre cette personnalité», projette le politologue.

C’est une habitude républicaine, le nouveau Premier ministre doit se présenter devant les députés après sa nomination pour un vote de confiance. Sans majorité absolue, il doit présenter sa démission. Cependant, ni Elisabeth Borne, ni Gabriel Attal ne s’y sont soumis. Il y a donc fort à parier qu’un éventuel Premier ministre du RN ne le ferait pas non plus. En revanche, les députés peuvent toujours avoir recours à la motion de censure pour faire tomber le gouvernement. Elle doit obtenir la signature du dixième des membres de l’Assemblée nationale pour être ensuite soumise à un vote. Pour éviter les motions de censure à répétition, le Président pourrait donc opter pour un Premier ministre plus consensuel en cas de victoire du RN à l’Assemblée nationale.

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Le Rassemblement national est-il en mesure d’obtenir la majoritĂ© absolue Ă  l’AssemblĂ©e ?

Pour le moment, les sondages semblent donner raison au RN. Une Ă©tude commandĂ©e par la direction du parti Les RĂ©publicains en dĂ©cembre 2023, prĂ©sente le parti de Marine Le Pen vainqueur en cas d’élections lĂ©gislatives anticipĂ©es. Le sondage attribue entre 243 et 305 sièges au RN. Pour obtenir la majoritĂ© absolue au Palais Bourbon, un parti doit occuper 289 sièges sur les 577 qui composent l’AssemblĂ©e nationale. Actuellement, le RN dispose de 88 dĂ©putĂ©s.

Pour autant, obtenir la majorité absolue au palais bourbon «n’est pas forcément la plus probable des possibilités», avance Benjamin Morel, politologue et constitutionnaliste. Pour que le RN arrive à ses fins il faudrait qu’il n’y «ait aucun effet barrage», analyse l’expert, au premier tour et au second tour. Si le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen «peut accéder assez facilement au second tour dans une bonne partie des circonscriptions», un front peut éventuellement se dresser ensuite contre le RN.

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D’autant plus que la gauche appelle dĂ©jĂ  Ă  «la constitution d’un nouveau front populaire». Lundi soir, le Parti socialiste, le Parti communiste, Les Ecologistes et La France insoumise (LFI) ont promis «des candidatures uniques dès le premier jour». Edouard Philippe, Ă  la tĂŞte du parti Horizons, alliĂ© de la majoritĂ©, a rĂ©clamĂ©, quant Ă  lui, un rassemblement de «toutes les forces politiques du bloc central», sur RTL, mardi 11 juin. «Il faut partir du principe simple qu’aucun parti politique Ă  lui seul n’est en mesure de mettre en Ĺ“uvre quelque chose Ă  la hauteur des enjeux des Français», a ajoutĂ© l’ex-Premier ministre.

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Des rĂ©sultats plutĂ´t dispersĂ©s Ă  l’AssemblĂ©e nationale ?

Selon une étude parue lundi (Harris Interactive -Toluna pour Challenges, M6, RTL), la gauche enregistre 22% d’intentions de vote pour les législatives anticipées, le camp présidentiel, 19% et Les Républicains, 9%. Quant au Rassemblement national, il recueille 34% d’intentions de vote pour les législatives anticipées soit 15 points de plus qu’il y a deux ans.

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Benjamin Morel le reconnaĂ®t, on peut s’attendre Ă  «une hausse assez substantielle du nombre de dĂ©putĂ©s voire plus qu’un doublement des sièges du RN». Ă€ plus forte raison que le parti est dĂ©jĂ  Ă  la recherche de potentielles alliances. «J’appelle les RĂ©publicains Ă  cesser d’ĂŞtre la bĂ©quille politique d’Emmanuel Macron, je vous tends la main, venez travailler Ă  nos cĂ´tĂ©s», a lancĂ© le chef du RN, mardi 11 juin sur RTL. Il assure cependant qu’il «n’y aura pas d’accord de partis politiques». «L’ADN de la droite rĂ©publicaine n’est jamais les extrĂŞmes, jamais le Front national, jamais Marine Le Pen», rĂ©pond Xavier Bertrand, prĂ©sident LR de la rĂ©gion Hauts-de-France, mardi sur franceinfo. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie a quant Ă  lui demandĂ© Ă  Eric Ciotti, prĂ©sident LR de dire que le parti «ne fera jamais d’accord avec le RN, comme l’ont toujours dĂ©fendu Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, car l’origine de ce parti c’est le gaullisme», a-t-il plaidĂ© sur BFMTV mardi. Après quelques jours de silence, le patron des LR a annoncĂ© ce mardi qu’il «souhaite» mettre en place un accord des LR avec le RN. Plusieurs Ă©lus du camp LR ont exprimĂ© leur dĂ©saccord suite aux dernières dĂ©clarations d’Eric Ciotti. Olivier Marleix, Ă  la tĂŞte des dĂ©putĂ©s LR Ă  l’AssemblĂ©e nationale, l’a invitĂ© Ă  dĂ©missionner de la prĂ©sidence du parti. Le prĂ©sident du SĂ©nat, Gerard Larcher (LR) a fait de mĂŞme. «Je n’avaliserai jamais, sous aucun prĂ©texte, un accord avec le RN contraire Ă  l’intĂ©rĂŞt de la France et Ă  notre histoire», s’est-il exprimĂ© sur X.

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Autre scĂ©nario : «On peut imaginer des rĂ©sultats Ă©clatĂ©s aux Ă©lections lĂ©gislatives». Au vu des rĂ©sultats, le RN et LFI pourraient ĂŞtre tous deux majoritaires. S’ils ne s’allieront bien Ă©videmment pas ensemble, ils «pourraient assez facilement voter une motion de censure ensemble». «À ce moment-lĂ  il n’y a pas de gouvernement qui tienne», projette Benjamin Morel. Dans ce cas, Emmanuel Macron nommerait Premier ministre «une sorte de vieux sage qui expĂ©die les affaires courantes». Le gouvernement français ressemblerait alors Ă  celui de son voisin italien et deviendrait un «gouvernement technique» avec Ă  sa tĂŞte une personnalitĂ© assez consensuelle pour Ă©viter les motions de censure Ă  rĂ©pĂ©tition. «C’est une façon d’éviter le chaos en attendant les prochaines Ă©lections», souligne Benjamin Morel.

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