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CAPITAL 🔵 Cohabitation politique : définition, exemples et enjeux

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La cohabitation en politique intervient lorsque le prĂ©sident de la RĂ©publique et la majoritĂ© des dĂ©putĂ©s de l’AssemblĂ©e nationale sont de bords politiques opposĂ©s. Comment fonctionne cette situation particulière ? Quand la France a-t-elle connu une cohabitation ? Quels prĂ©sidents de la RĂ©publique et Premiers ministres ont dĂ» cohabiter ? Focus sur cette situation institutionnelle particulière de la Vᵉ RĂ©publique.

Vidéo Capital : Cohabitation politique : définition, exemples et enjeux

Cohabitation entre le président de la République et un Premier ministre d'un autre bord politique

© jjfoto

– Cohabitation entre le prĂ©sident de la RĂ©publique et un Premier ministre d’un autre bord politique

Qu’est-ce que la cohabitation en politique ?

Cohabitation : définition

En politique, la cohabitation désigne la situation dans laquelle le président de la République assume ses fonctions aux côtés d’un Premier ministre qui ne fait pas partie du même bord politique. La pratique de la cohabitation est supportée par la Constitution de 1958.

Elle est dĂ©finie par Jean Massot, auteur de Alternance et cohabitation sous la Vᵉ RĂ©publique, comme : « la coexistence d’un chef de l’État Ă©lu au suffrage universel sur un programme politique et d’un Premier ministre s’appuyant sur une majoritĂ© parlementaire Ă©lue pour soutenir une politique opposĂ©e ».

Le prĂ©sident de la RĂ©publique doit cohabiter avec un Premier ministre d’un autre bord politique

Dans ce cadre, le président de la République gouverne au côté d’une majorité de députés de tendances politiques opposées.

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S’il appartient au prĂ©sident de la RĂ©publique de nommer le Premier ministre, pour autant il est contraint de le faire parmi la majoritĂ© pour Ă©viter une dĂ©mission du Gouvernement. S’il ne le fait pas, il risque la motion de censure.

De son côté, le Premier ministre est celui qui détient la coordination de l’action gouvernementale et l’initiative législative. Hormis la signature des ordonnances et des décrets délibérés en Conseil des ministres par le président de la République, il assure l’exécution des lois et exerce le pouvoir réglementaire.

Quel est le rôle du président en cas de cohabitation ?

Le rĂ´le du chef de l’État devient plus secondaire

Dans le cadre d’une cohabitation, le rĂ´le du prĂ©sident de la RĂ©publique a tendance Ă  s’effacer. En effet, c’est le Gouvernement qui dĂ©termine et conduit la politique de la nation. 

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Les pouvoirs que le chef de l’État conserve

Cependant, même en période de cohabitation, le président conserve ses pouvoirs propres et son rôle de président du Conseil des ministres. Il continue par exemple de :

  • nommer le Premier ministre,
  • prononcer la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale,
  • soumettre un projet de loi au rĂ©fĂ©rendum,
  • signer les ordonnances et les dĂ©crets en Conseil des ministres ou refuser de les signer,
  • donne son avis…

Son rôle reste aussi central dans les domaines de la Défense, des Affaires étrangères ou de la Justice.

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Quelles ont été les trois périodes de cohabitation sous la Vᵉ République en France ?

Au cours de la Vᵉ République, une situation de cohabitation politique n’est arrivée que trois fois.

Entre 1986 et 1988 :  François Mitterrand et le Gouvernement de Jacques Chirac

La première cohabitation de la Vᵉ RĂ©publique a lieu cinq ans après l’Ă©lection de François Mitterrand en 1986. Face Ă  la victoire de la droite aux Ă©lections lĂ©gislatives, le prĂ©sident est contraint de nommer un Premier ministre issu de la majoritĂ© parlementaire opposĂ©e, en la personne de Jacques Chirac. La cohabitation prend fin en 1988 avec la victoire de François Mitterrand Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle.

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Entre 1993 et 1995 : François Mitterrand et Edouard Balladur

La deuxième cohabitation a lieu cette fois lors du second mandat de François Mitterrand. En 1993, la droite remporte Ă  nouveau les lĂ©gislatives. Le prĂ©sident doit alors nommer un membre de l’opposition et dĂ©signe Edouard Balladur. Elle prend fin en 1995 avec l’Ă©lection prĂ©sidentielle et la victoire de Jacques Chirac.

Entre 1997 et 2002 : Jacques Chirac et Lionel Jospin

En 1997, Jacques Chirac dĂ©crète la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale afin de prouver qu’il a le soutien des Français. S’ensuivent des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es remportĂ©es par la gauche plurielle. Le prĂ©sident est alors contraint de nommer un Premier ministre de gauche, Lionel Jospin. La cohabitation se termine en 2002 avec la rĂ©Ă©lection de Jacques Chirac Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle.

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Il y aura-t-il une nouvelle cohabitation en 2024 ?

Annonce d’Emmanuel Macron de la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale

Suite à la victoire du Rassemblement national aux élections européennes, Emmanuel Macron a annoncé le 9 juin 2024 la dissolution de l’Assemblée nationale. Cette décision place le Chef de l’État en situation potentielle de cohabitation.

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Tenue des élections législatives et victoire potentielle dur Rassemblement national

Les prochaines élections législatives prévues les 30 juin et 7 juillet 2024 pourraient ouvrir la porte à un couple Président-Premier ministre de partis politiques opposés.

Le Rassemblement national pourrait obtenir la majorité absolue au cours de ces prochaines élections.

Le président pourrait nommer Jordan Bardella Premier ministre

Auquel cas, le Chef de l’État pourrait entrer en cohabitation et nommer un Premier ministre RN tel que Jordan Bardella.

Si le Rassemblement national ne parvient pas à faire élire plus de 289 députés et si le président de la République nomme un Premier ministre RN, ce dernier devra rechercher des alliances pour faire voter ses projets de loi.

Toutefois, Emmanuel Macron peut également gagner son pari et retrouver une majorité absolue.

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