CAPITAL 🔵 Budget 2026 : les sénateurs fusionnent et renforcent la fiscalité des logements vacants

En finir avec la complexitĂ© administrative. C’est l’objectif des sĂ©nateurs qui ont adoptĂ© mardi 2 dĂ©cembre un amendement au budget 2026 visant Ă simplifier et Ă renforcer la fiscalitĂ© concernant les logements vacants via la fusion de deux taxes : la taxe sur les logements vacants (TLV) et la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV).
La première est actuellement applicable aux zones dites «tendues», c’est-Ă -dire en forte pĂ©nurie de logements, tandis que la seconde concerne les zones non tendues et n’est que facultative, Ă la main des maires. «C’est la mĂŞme finalitĂ©, mais avec deux assiettes de taux, deux circuits de perception et une architecture fiscale illisible, source de confusion pour les propriĂ©taires», a fustigĂ© la sĂ©natrice socialiste Isabelle Briquet, rĂ©sumant ainsi les difficultĂ©s du système actuel alors qu’il est nĂ©cessaire selon elle «d’inciter Ă remettre les logements sur le marché».
La suppression de la taxe sur les logements vacants
Autre Ă©cueil avancĂ© par la chambre haute : la TLV est une taxe prĂ©levĂ©e par l’Etat et donc non pilotable par les Ă©lus locaux. L’idĂ©e, largement partagĂ©e dans l’hĂ©micycle, serait donc de supprimer cette TLV au profit d’une gĂ©nĂ©ralisation de la THLV, dont le produit serait confiĂ© aux communes. Cette taxe resterait facultative dans les zones non tendues et serait obligatoire dans les zones tendues, oĂą elle pourra faire l’objet d’une majoration.
Les sĂ©nateurs ont estimĂ© que leur dispositif entraĂ®nerait non seulement une simplification mais aussi un renforcement de cette fiscalitĂ© sur les logements vacants. Le gouvernement proposait, lui, un dispositif diffĂ©rent mais avec un objectif similaire. L’AssemblĂ©e nationale, en revanche, Ă©tait allĂ©e plus loin en fusionnant Ă©galement une autre taxe, la taxe d’habitation sur les rĂ©sidences secondaires (THRS).
Un autre compromis a Ă©mergĂ© sur la question de la fiscalitĂ© des rĂ©sidences secondaires. Depuis janvier 2023, le taux de la taxe sur les rĂ©sidences secondaires (THRS) est liĂ© Ă celui de la taxe foncière, empĂŞchant les communes de taxer spĂ©cifiquement les logements rarement occupĂ©s sans accroĂ®tre la pression fiscale pesant sur l’ensemble des propriĂ©taires. L’AssemblĂ©e nationale plaidait pour une dĂ©liaison totale de ces deux taux, demandĂ©e par beaucoup d’Ă©lus locaux, Ă Paris notamment.
Mais le SĂ©nat n’a pas voulu aller aussi loin, adoptant une mesure avec l’appui du gouvernement pour assouplir la liaison du taux de la THRS «lorsque celui-ci est infĂ©rieur Ă la moyenne dĂ©partementale». Ces mesures ne sont pas encore dĂ©finitives car le budget pourra ĂŞtre modifiĂ© au Parlement jusqu’Ă la seconde moitiĂ© de dĂ©cembre au plus tĂ´t.

