BFM TV 🔵 « Il y a un vrai enjeu »: plus de 2.000 manifestants Ă Rennes pour la prĂ©servation de l’eau
Plus de 2.000 manifestants ont dĂ©filĂ©, ce samedi 10 janvier, Ă Rennes pour soutenir la rĂ©vision du SchĂ©ma d’amĂ©nagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin versant du fleuve Vilaine.
« Dans les rivières, des poissons pas du poison »: plus de 2.000 manifestants ont dĂ©filĂ© samedi Ă Rennes pour soutenir la rĂ©vision du SchĂ©ma d’amĂ©nagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin versant du fleuve Vilaine, vivement contestĂ©e par certains syndicats agricoles, a constatĂ© un journaliste de l’AFP.
Les manifestants avaient rĂ©pondu Ă l’appel d’une soixantaine d’organisations (associations de dĂ©fense de l’environnement ou de victimes des pesticides, syndicats, ConfĂ©dĂ©ration paysanne, etc.) et Ă©taient accompagnĂ©s de quelques tracteurs.
« On veut Ă tout prix que la commission locale de l’eau »
« On veut Ă tout prix que la commission locale de l’eau (CLE) puisse voter cette rĂ©vision du SAGE, qui porte surtout sur deux grandes règles: l’interdiction des herbicides de maĂŻs sur les aires de captage sensibles prioritaires, et l’interdiction de toucher aux zones humides », a expliquĂ© Ă l’AFP Marie-Eve Taillecourt, Ă©leveuse de brebis bio et porte-parole de la ConfĂ©dĂ©ration paysanne du Morbihan.
C’est l’interdiction d’herbicides pour maĂŻs qui cristallise les tensions avec des syndicats agricoles comme la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale.
Selon ses dĂ©fenseurs, la mesure, destinĂ©e Ă Ă©viter que des polluants ne ruissellent dans les captages d’eau potable, concernerait pourtant moins de 1,5% de la surface du SAGE Vilaine, le plus grand de France avec plus de 11.000 km2.
Ce territoire englobe six dĂ©partements de la Mayenne au Morbihan, et compte 1,3 million d’habitants.
Mais Ă l’appel de la FNSEA, des centaines d’agriculteurs avaient physiquement empĂŞchĂ© la tenue d’une rĂ©union la CLE en dĂ©cembre dernier, pour bloquer l’adoption du nouveau SAGE. « Ils ne veulent pas passer cette soi-disant +ligne rouge+ de l’interdiction des pesticides, on ne peut plus se permettre d’attendre », assure Mme Taillecourt.
« Moins de 8% des masses d’eau sont en bon Ă©tat sur le bassin de la Vilaine donc il y a un vrai enjeu », renchĂ©rit Arnaud Clugery, directeur et porte-parole de l’association Eau et Rivières de Bretagne.
Les agriculteurs sont selon lui « plutĂ´t bien reprĂ©sentĂ©s » Ă la Commission locale de l’eau, et la chambre d’agriculture a fait un certains nombre de propositions qui ont Ă©tĂ© retenues.
Mais une telle interdiction des herbicides pour maĂŻs serait une première en France et « on sent bien que ça ne plaĂ®t pas Ă un certain nombre d’industriels et de firmes agrochimiques » au niveau national, estime M. Clugery.

