BFM TV 🔵 Il ne l’avait pas fait depuis des décennies: Matignon se défend de saisir le Conseil constitutionnel sur le budget 2026 dans l’espoir de protéger les riches

Réagissant à un article évoquant la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement sur le budget 2026, Matignon a assuré que cela avait été fait pour « sécuriser juridiquement le budget » et « prévenir les contentieux ».
Matignon s’est dĂ©fendu de vouloir protĂ©ger les plus riches en saisissant le Conseil constitutionnel sur le budget 2026. « Faux. Saisir le Conseil constitutionnel, c’est assumer la responsabilitĂ© de l’État: sĂ©curiser juridiquement le budget, prĂ©venir les contentieux et garantir le juste paiement de l’impĂ´t », a affirmĂ© ce jeudi soir le compte officiel des services du Premier ministre sur X (ex-Twitter), rĂ©agissant Ă un article de L’HumanitĂ© Ă©voquant les trois articles de la loi de finances pour 2026 sur lesquels SĂ©bastien Lecornu, dans son recours, a attirĂ© l’attention des Sages.
SĂ©bastien Lecornu avait annoncĂ© son intention de saisir le Conseil constitutionnel sur le budget 2026 dès le jour de son adoption dĂ©finitive, dans le sillage du rejet des deux dernières motions de censure. Le texte « est le rĂ©sultat d’un compromis parlementaire, intĂ©grant des amendements de tous les groupes » et « c’est pourquoi je saisis le Conseil constitutionnel, afin de m’assurer que la loi de finances est pleinement conforme Ă notre Constitution », avait alors dĂ©clarĂ© le Premier ministre. Une telle dĂ©marche n’avait pas Ă©tĂ© lancĂ©e par un chef de gouvernement depuis 1977, prĂ©cise La Tribune.
Holdings et pacte Dutreil
Dans son recours, dĂ©posĂ© mercredi, SĂ©bastien Lecornu a effectivement attirĂ© l’attention des Sages sur trois articles du budget 2026. Le premier prĂ©voit une taxe sur les holdings patrimoniales, censĂ©e viser des revenus que certains contribuables parviennent Ă exclure de leur revenu fiscal de rĂ©fĂ©rence, qui a toutefois Ă©tĂ© rĂ©duite Ă sa portion congrue dans la version finale du texte. Le second qu’il mentionne resserre le pacte Dutreil, une niche fiscale favorisant de manière importante les transmissions d’entreprises familiales aux membres de la famille. Et le troisième doit resserrer un avantage fiscal censĂ© inciter Ă rĂ©investir l’argent d’une vente d’une entreprise.
S’il n’a pas appelĂ© le Conseil Ă censurer ces trois articles, SĂ©bastien Lecornu a affirmĂ© dans son recours qu’eu Ă©gard « à l’importance de ces dispositions dans la lutte contre l’optimisation fiscale et en vue d’assurer la plus grande sĂ©curitĂ© juridique aux acteurs Ă©conomiques », il faut « qu’elles ne puissent entrer en vigueur qu’après vĂ©rification par le Conseil constitutionnel » de leur conformitĂ©.
Le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) ont également, chacun de leur côté, déposé leurs propres recours auprès du Conseil constitutionnel.
