BFM BOURSE 🔵 Tf1 : Le spectre d’une privatisation de l’audiovisuel public fait chuter TF1 et M6 en Bourse – Shango Media
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BFM BOURSE 🔵 Tf1 : Le spectre d’une privatisation de l’audiovisuel public fait chuter TF1 et M6 en Bourse

(BFM Bourse) – Les deux groupes audiovisuels reculent nettement en Bourse alors que le Rassemblement national entend privatiser l’audiovisuel public s’il arrivait au pouvoir. Ce qui mettrait le marchĂ© publicitaire sous pression.

La dissolution de l’AssemblĂ©e nationale par Emmanuel Macron plombe plusieurs secteurs en Bourse. Lundi, les banques et les groupes de concessions autoroutières ont particulièrement souffert, le marchĂ© redoutant que certaines mesures, comme la renationalisation des concessions, soient prises par le Rassemblement national s’il arrivait au pouvoir en juillet prochain.

TF1 et M6 souffrent particulièrement en Bourse. La Une abandonne 6,3% en dĂ©but d’après-midi tandis que M6 recule de 2,8%.

« Cette baisse est liĂ©e au projet de privatisation de l’audiovisuel public par le Rassemblement national », souligne un analyste. Une telle privatisation, sur le papier, obligerait Ă  remplacer des fonds publics par des fonds privĂ©s et donc financer le fonctionnement des mĂ©dias publics par des recettes publicitaires. « Cela ne me semble pas très rĂ©aliste, car le budget de France TĂ©lĂ©vision se situe autour de 2,6 milliards d’euros alors que le marchĂ© de la publicitĂ© TV en France dans son ensemble est Ă©valuĂ© Ă  3 milliards d’euros », ajoute l’analyste prĂ©cĂ©demment citĂ©.

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Une privatisation qui fragiliserait fortement le marché français

Cet intermĂ©diaire financier rappelle aussi que TF1 et M6 dĂ©gagent quasiment 100% de leurs revenus en France, alors que le contexte politique actuel « ajoute de l’inquiĂ©tude sur le marchĂ© publicitaire ». Par ailleurs, l’analyste considère que TF1 chute peut-ĂŞtre plus que M6 tout simplement parce que l’entreprise signait jusque-lĂ  un bien meilleur parcours boursier (+14,6% depuis le 1er janvier contre +1% pour M6).

Un cadre du Rassemblement national, SĂ©bastien Chenu, avait confirmĂ© lundi matin sur BFMTV-RMC que le RN comptait sur « la privatisation du service public de l’audiovisuel » pour dĂ©sendetter la France en cas d’accession au pouvoir, mĂŞme si cela ne se ferait pas « en quinze jours ». Ce projet Ă©tait dĂ©jĂ  au programme du parti d’extrĂŞme-droite en 2022.

Dans une note dĂ©taillĂ©e, Oddo BHF revient sur cette hypothĂ©tique privatisation. Notant qu’Arte avait Ă©tĂ© exclu du pĂ©rimètre de cession dans le projet de 2022, le courtier chiffre Ă  environ 28% la part d’audience de l’ensemble des antennes de France TĂ©lĂ©visions.

« Si ce projet était mené, il serait naturellement très négatif pour les acteurs privés. Le marché français ne serait pas capable d’absorber une telle hausse de la concurrence. Toutefois, il nous semble très difficile à entreprendre et la situation du marché pourrait rendre impossible une telle privatisation totale », développe Oddo BHF.

Une privatisation impossible?

Outre le fait que la victoire du RN n’est pas acquise, le courtier estime que la demande pour racheter les chaĂ®nes publiques pourrait s’avĂ©rer « plus faible que prĂ©vu », sur des « bases de valorisation très faible ».

Le courtier fait valoir d’une part que « la restructuration pour l’acheteur devrait ĂŞtre massive avec des effectifs importants ». Ensuite, « compte tenu de son positionnement local, France 3 nous semble invendable et pourrait ĂŞtre obligatoirement attachĂ©e Ă  France 2 mais le prix serait alors très bas », ajoute-t-il.

D’autre part, en cas de vente, « la structure du marchĂ© français serait peu attractive (très forte concurrence) et induirait une forte exigence sur le prix », fait encore valoir Oddo BHF. « Si la demande pour (la mise en vente de, NDLR) M6 a Ă©tĂ© forte c’est parce que l’environnement concurrentiel Ă©tait stable, or ici il augmenterait », souligne le courtier.

En conséquence, « nous ne serions pas surpris que les enchérisseurs proposent un prix nul pour certains, comme c’est parfois le cas pour les sociétés difficiles à restructurer », déduit Oddo BHF.

In fine, la demande pourrait ainsi s’avĂ©rer faible au point de dĂ©courager une privatisation totale. Oddo BHF cite d’autres options possibles, telles qu’une privatisation limitĂ©e Ă  France 2 ou France 5 ou un encore un statu quo mais accompagnĂ© d’une restructuration importante pour France TĂ©lĂ©visions et Radio France. « En première approche, un mix de ces deux scĂ©narios nous semble la perspective la plus crĂ©dible en cas de victoire du RN », explique le courtier.

Julien Marion – ©2024 BFM Bourse

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