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20 MINUTES 🔵 Un homme tué par un tir de gendarme en Nouvelle-Calédonie

Une nouvelle victime en Nouvelle-CalĂ©donie, ce qui ne devrait pas apaiser les tensions. Un homme de 38 ans, Rock Victorin Wamytan surnommĂ© « Banane Â», petit-cousin de Roch Wamytan, un grand chef coutumier kanak qui est aussi le prĂ©sident du Congrès de Nouvelle-CalĂ©donie, a Ă©tĂ© tuĂ© mercredi Ă  l’est de NoumĂ©a dans un Ă©change de tirs avec les gendarmes du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale). Cela porte Ă  dix le nombre de morts dans les violences qui secouent l’archipel depuis la mi-mai.

Les faits se sont déroulés dans la matinée dans le secteur de la tribu kanak de Saint-Louis sur la commune du Mont-Dore, à proximité de l’église de la mission de Saint-Louis, a précisé le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas.

La victime faisait l’objet d’un mandat de recherches en raison de sa participation supposĂ©e Ă  une sĂ©rie de vols de vĂ©hicules avec usage ou menace d’une arme ces dernières semaines, selon le procureur. « Banane Â» avait Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  de la prison ferme pour son rĂ´le dans les Ă©meutes de Saint-Louis en 2016. Il Ă©tait sorti de dĂ©tention en juillet dernier.

LĂ©gitime dĂ©fense ?

Le militaire a fait « usage de son arme de service dans une action de riposte Ă  une attaque caractĂ©risant un pĂ©ril imminent pour ses camarades et lui-mĂŞme Â», a ajoutĂ© le procureur, soulignant que les gendarmes de l’unitĂ© d’élite venaient d’être « directement visĂ©s par plusieurs tirs Â».

Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet, l’une pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

« Ă€ ce stade de l’enquĂŞte, et sous rĂ©serve des investigations en cours, l’hypothèse d’une action de lĂ©gitime dĂ©fense pourrait ĂŞtre privilĂ©giĂ©e au vu des circonstances ayant amenĂ© le gendarme Ă  faire usage de son arme de service Â», estime le procureur.

Un regain de violence depuis le 19 juin

Ce dĂ©cès porte Ă  dix le nombre de morts en Nouvelle-CalĂ©donie depuis le dĂ©clenchement le 13 mai d’un mouvement de rĂ©volte contre un projet de rĂ©forme du corps Ă©lectoral aux scrutins provinciaux.

Ce projet de loi constitutionnelle, accusĂ© par les indĂ©pendantistes de marginaliser le poids de la population autochtone kanak, a Ă©tĂ© suspendu par Emmanuel Macron en juin, trois jours après la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale. Mais les troubles perdurent depuis dans le territoire ocĂ©anien, qui a connu ces deux derniers mois les plus graves Ă©meutes survenues localement depuis les annĂ©es 1980.

Des dégâts matériels considérables

Outre les dix morts, dont deux gendarmes, ces violences ont causĂ© des dĂ©gâts matĂ©riels considĂ©rables (incendies, destructions, pillages…). Un regain de tension a Ă©tĂ© constatĂ© après un vaste coup de filet menĂ© Ă  partir du 19 juin dans les milieux indĂ©pendantistes.

Treize personnes auxquelles il est reprochĂ© un rĂ´le dans l’orchestration des Ă©meutes sur le « Caillou Â» ont Ă©tĂ© mises en examen. Cinq d’entre elles demeurent incarcĂ©rĂ©es en mĂ©tropole, des placements en dĂ©tention provisoire Ă  17.000 km de l’archipel que des indĂ©pendantistes assimilent Ă  une « dĂ©portation Â» de « prisonniers politiques Â».

Couvre-feu maintenu

Parmi ces détenus dans l’Hexagone figurent Christian Tein, le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), accusée par les autorités d’avoir organisé les violences.

MalgrĂ© le dĂ©ploiement de quelque 3.500 policiers et gendarmes, la sĂ©curitĂ© est loin d’être rĂ©tablie dans la grande Ă®le, oĂą le couvre-feu est maintenu au moins jusqu’au 15 juillet.

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