20 MINUTES 🔵 Le « stop au gĂ©nocide » lancĂ© par un rappeur dĂ©fraye la chronique en Italie – Shango Media
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20 MINUTES 🔵 Le « stop au génocide » lancé par un rappeur défraye la chronique en Italie

«C’est une honte que la scène du Festival de Sanremo ait Ă©tĂ© instrumentalisĂ©e pour rĂ©pandre la haine et les provocations de manière superficielle et irresponsable. Parmi les 1.200 victimes du massacre du 7 octobre, on dĂ©nombre plus de 360 jeunes assassinĂ©s et violĂ©s pendant le festival Nova Music. Une quarantaine d’entre eux (…) est toujours aux mains des terroristes au cĂ´tĂ© de dizaines d’otages israĂ©liens. Le Festival de Sanremo aurait pu leur tĂ©moigner sa solidaritĂ©. Dommage que cela n’ait pas Ă©tĂ© le cas Â». Le message, postĂ© sur X dimanche, Ă©mane d’Alon Bar, l’ambassadeur d’IsraĂ«l en Italie.

S’il ne le cite pas nommĂ©ment, nul doute qu’il fait rĂ©fĂ©rence au chanteur Ghali qui, après avoir interprĂ©tĂ© son titre Casa Mia (« Chez moi Â») sur scène en finale de ce grand raout de la chanson italienne samedi a lâchĂ© un « Stop au gĂ©nocide Â».

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« J’ai toujours parlĂ© de ce qui se passe Â»

InvitĂ© de l’émission « Domenica In Â», le rappeur de 30 ans a rĂ©pondu Ă  l’ambassadeur. « Il me critique ? Le fait qu’il parle ainsi n’est pas normal. Je ne sais pas quoi rĂ©pondre, cela me dĂ©plaĂ®t beaucoup qu’il ait rĂ©agi comme ça, a-t-il dĂ©clarĂ©. J’écris mes chansons depuis l’âge de 13 ou 14 ans, j’ai toujours parlĂ© de ce qui se passe. Je n’ai pas commencĂ© le 7 octobre. (…) Les gens ont l’impression de risquer quelque chose s’ils disent « vive la paix ». Â»

Peu après cette intervention, Roberto Sergio, le PDG de la Rai, s’est Ă  son tour fendu d’une rĂ©action officielle. « Chaque jour, nos journaux tĂ©lĂ©visĂ©s et nos programmes racontent la tragĂ©die des otages aux mains du Hamas et rappellent le massacre des enfants, femmes et hommes du 7 octobre. Ma solidaritĂ© envers le peuple d’IsraĂ«l et la communautĂ© juive est ferme et sincère Â», a-t-il fait savoir. Son message a Ă©tĂ© communiquĂ© après que cette polĂ©mique ait rebondi dans le champ politique.

« C’est ainsi qu’une tragĂ©die se transforme en farce Â»

Maurizio Gasparri, chef du groupe Forza Italia (centre-droit) au SĂ©nat et membre de la commission de supervision de la Rai, avait appelĂ© Ă  des excuses du groupe audiovisuel, affirmant que « La Rai ne peut pas vivre en dehors de la rĂ©alitĂ©. Â»

Piero Fassino, dĂ©putĂ© du Partito Democratico (centre gauche) a jugĂ© « dĂ©concertant Â» qu’un Ă©vĂ©nement musical tel que le Festival de Sanremo n’ait pas honorĂ© la mĂ©moire des victimes du 7-Octobre, « alors que certains n’ont pas manquĂ© d’y utiliser le mot gĂ©nocide contre IsraĂ«l Â».

L’artiste a pu compter sur des soutiens Ă  gauche. « Ceux qui s’en prennent Ă  Ghali devraient faire leur examen de conscience. Il ne doit pas prĂ©senter ses excuses mais ĂŞtre applaudi. A Gaza, un gĂ©nocide se dĂ©roule dans le silence coupable de l’Europe et de l’Italie Â», a tweetĂ© Angelo Bonelli, le porte-parole d’Europa-Verde (parti Ă©cologiste). Nicola Fraiotanni, le leader de Sinistra italiana (gauche) a quant Ă  lui remerciĂ© le rappeur dont il a saluĂ© le « courage Â».

Arturo Scotto, du Partito Democratico, a mĂ©nagĂ© la chèvre et le chou : « [Le Festival de Sanremo] est un espace de libertĂ© artistique et doit le rester. Que l’ambassadeur d’IsraĂ«l Ă©prouve le besoin d’intervenir sur ce que dit un chanteur me paraĂ®t incroyable. C’est ainsi qu’une tragĂ©die se transforme en farce Â», a-t-il cinglĂ© sur X.

AccusĂ© de « propagande anti-israĂ©lienne Â»

Ghali, artiste milanais et fils de parents tunisiens, a suscitĂ© des remous dès la première soirĂ©e de la compĂ©tition, mardi. Dans Casa Mia, il chante : « Mais comment pouvez-vous dire que tout est normal ici ? Pour tracer des frontières avec des lignes imaginaires, vous bombardez un hĂ´pital pour un bout de terre ou de pain. Il n’y a jamais de paix Â».

Le prĂ©sident de la communautĂ© juive de Milan, Walker Meghnagi, y a vu de la « propagande anti-israĂ©lienne Â». « Je suis venu Ă  Sanremo pour porter un message, je n’ai ni la fonction pour, ni l’ambition de rĂ©soudre une question internationale, avait rĂ©pondu Ghali sur Instagram. « Mais si ma chanson met la lumière sur ce que l’on feint de ne pas voir, alors très bien Â». Le rappeur avait prĂ©cisĂ© que si sa chanson « aborde le thème de la guerre Â», il l’a Ă©crite « avant le 7 octobre Â».

La polĂ©mique n’a pas empĂŞchĂ© Ghali de se classer dans le top 5 (sur trente chansons en lice) de cette 74e Ă©dition du Festival de Sanremo. « Quand j’étais enfant, je rĂŞvais et, hier, j’ai fini quatrième au classement, a-t-il dĂ©clarĂ© dimanche. Qui sait, parmi ces enfants qui meurent [Ă  Gaza], combien il y a de stars, de mĂ©decins, de gĂ©nies… Â» Et, dans la foulĂ©e, il a repartagĂ© sur Instagram le moment oĂą il a dĂ©clarĂ© « stop au gĂ©nocide Â» sur scène.

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