20 MINUTES 🔵 Le SĂ©nĂ©gal dans la cour des grands pays producteurs de pĂ©trole – Shango Media
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20 MINUTES 🔵 Le Sénégal dans la cour des grands pays producteurs de pétrole

Sur la scène Ă©nergĂ©tique, il va falloir compter un peu plus avec le SĂ©nĂ©gal. Neuf ans après la dĂ©couverte du gisement gazier de la Tortue, et après quelques retards, le projet Sangomar voit enfin le jour et devrait augmenter considĂ©rablement la production de pĂ©trole du pays, qui jusqu’à aujourd’hui se limitait Ă  la raffinerie de pĂ©trole installĂ©e Ă  Mbao, dans la presqu’île du Cap-Vert, Ă  proximitĂ© de la capitale, Dakar, en 1963.

Même si cette production, destinée autant à l’exportation qu’à usage domestique est loin d’atteindre les niveaux des géants comme le Nigeria ou l’Angola, ce sont bien des revenus en milliards de dollars qui sont ainsi attendus, en plus de modifier radicalement le paysage économique du pays.

100.000 barils par jour

C’est la compagnie australienne Woodside Energy qui opère le champ avec la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) qui a annoncé ce mardi l’entrée dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures et le début de l’extraction de pétrole.

« Woodside a procĂ©dĂ© Ă  la première extraction de pĂ©trole du champ de Sangomar, menant Ă  bien la livraison du premier projet pĂ©trolier offshore du pays Â», a indiquĂ© la compagnie dans un communiquĂ©. Le champ en eaux profondes, Ă  environ 100 km au sud de Dakar, contient du pĂ©trole et du gaz, et vise une production de 100.000 barils par jour.

Un jour historique pour le Sénégal

Avec le dĂ©but de l’extraction, c’est une nouvelle ère qui devrait commencer, « non seulement pour l’industrie et l’économie de notre pays, mais surtout pour notre peuple Â», a dit le directeur gĂ©nĂ©ral de Petrosen Exploration et Production, Thierno Ly, dans le communiquĂ© de Woodside. La patronne de la compagnie australienne, Meg O’Neill, parle quant Ă  elle de « jour historique pour le SĂ©nĂ©gal et pour Woodside Â».

De fait, cette première extraction de Sangomar prĂ©cède l’entrĂ©e en production d’un autre projet, celui du gisement gazier transfrontalier de la Tortue, Ă  la frontière avec la Mauritanie. DĂ©veloppĂ© par le Britannique BP avec l’amĂ©ricain Kosmos Energy qui a dĂ©couvert le gisement en 2015, la SociĂ©tĂ© mauritanienne des hydrocarbures (SMH) et la SociĂ©tĂ© des pĂ©troles du SĂ©nĂ©gal (Petrosen), cet autre projet devrait produire environ 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquĂ©fiĂ© par an. La production pourrait y dĂ©buter au troisième trimestre 2024.

La malédiction du pétrole

La dĂ©couverte de vastes gisements de pĂ©trole et de gaz dans l’Atlantique depuis 2014 avait soulevĂ© des espoirs considĂ©rables dans ce pays moins avancĂ© (PMA), selon la liste du ComitĂ© des politiques de dĂ©veloppement (CPD) de l’ONU. Les revenus attendus du gaz et du pĂ©trole sont chiffrĂ©s par Petrosen Ă  une moyenne annuelle de plus d’un milliard d’euros sur une pĂ©riode de trente ans.

Mais cette dĂ©couverte a aussi suscitĂ© la crainte que le pays ne connaisse comme d’autres la « malĂ©diction Â» du pĂ©trole, avec une manne alimentant la corruption sans profiter Ă  la population. Le SĂ©nĂ©gal revendique avec force l’exploitation de ses ressources en gaz et en pĂ©trole face aux efforts d’une partie de la communautĂ© internationale pour rĂ©duire la dĂ©pendance aux Ă©nergies fossiles.

Revoir les contrats

La production à venir de gaz et de pétrole, plusieurs fois reportée, a été un thème majeur de la récente campagne présidentielle qui a vu la victoire du candidat antisystème Bassirou Diomaye Faye, se réclamant d’un souverainisme et d’un panafricanisme de gauche. Son camp a fait campagne sur la promesse de revoir ou renégocier les accords pétroliers et gaziers, miniers ou de pêche passés par l’ancienne administration et jugés défavorables au Sénégal.

Le nouveau président investi en avril a annoncé parmi ses premières mesures un audit du secteur minier, gazier et pétrolier. Le Premier ministre et ancien mentor du président Faye, Ousmane Sonko, a réaffirmé au cours du week-end la volonté de revoir les contrats.

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