20 MINUTES 🔵 Incendie à Crans-Montana : Ce que l’on sait des premières déclarations des propriétaires du Constellation à la police
Accès verrouillé, mousse isolante inadaptée, présence de mineurs de moins de seize ans à l’intérieur de l’établissement… Une semaine après le drame qui a coûté la vie à 40 personnes, la police suisse tente de comprendre comment un tel drame a pu se dérouler dans la station de Crans-Montana. Vendredi, alors que le pays rendait hommage aux victimes, Jacques et Jessica Moretti ; le couple français copropriétaire du bar, était entendu par les enquêteurs.
Une porte de service « pas indiquée comme sortie de secours »
Jacques Moretti a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu’une « porte de service » était « verrouillée de l’intérieur ». Il a expliqué avoir à son arrivée au bar juste après l’incendie « forcé cette porte » parce qu’elle était « verrouillée de l’intérieur », selon des extraits de procès-verbaux publiés par plusieurs médias français et suisses, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP de source proche du dossier.
Le copropriétaire du Constellation, placé en détention provisoire après cette audition, a affirmé face aux enquêteurs qu’il s’agissait d’une « porte de service » et qu’elle « n’est pas indiquée comme sortie de secours ». Il raconte avoir retrouvé plusieurs personnes étendues derrière cette porte après l’avoir ouverte.
La nature d’une mousse antibruit en question
D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l’établissement. Des interrogations portent aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs, et la conformité des voies de sortie de ce bar, Le Constellation.
« Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un  »scintillant » (ou bougie « fontaine », ndlr) », a expliqué de son côté son épouse et copropriétaire Jessica Moretti, ressortie libre de l’audition de vendredi.
« Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n’y avait jamais eu de soucis », a assuré Jacques Moretti. Selon lui il « n’est pas impossible » que ces bougies aient causé l’incendie, mais il estime qu’il « doit y avoir quelque chose d’autre ». Ces bougies « n’etaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique. J’avais fait des tests », a-t-il soutenu.
La nature de cette mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment scrutée par les enquêteurs. Jacques Moretti a expliqué l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même lors de travaux effectués après l’achat de l’établissement en 2015.
Les mineurs de moins de 16 ans interdits
Au sujet de la prĂ©sence de nombreux adolescents mineurs dans le bar au moment de la tragĂ©die, Jacques Moretti a indiquĂ© que l’établissement avait « interdiction d’accepter des personnes de moins de 16 ans » et que les clients de 16 Ă 18 ans devaient « ĂŞtre accompagnĂ©s d’un majeur ». Il a assurĂ© avoir donnĂ© ces « consignes » au personnel de sĂ©curitĂ©, mais a reconnu qu’« il n’est pas impossible qu’il y ait eu dysfonctionnement ».
Le couple est soupçonnĂ© d’« homicide par nĂ©gligence, de lĂ©sions corporelles par nĂ©gligence et d’incendie par nĂ©gligence ». Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public du Valais dĂ©cidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation en vue d’un Ă©ventuel procès. En attendant, la prĂ©somption d’innocence prĂ©vaut.
