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20 MINUTES 🔵 Il droguait les femmes pour qu’elles urinent, les éventuelles victimes de Christian Nègre appelées à se signaler

Une histoire « complètement folle Â» digne « d’un pervers Â». Tels Ă©taient les mots employĂ©s par l’ancien ministre de la Culture Franck Riester pour qualifier l’affaire Christian Nègre. Aujourd’hui, les potentielles victimes sont appelĂ©es Ă  se manifester « au plus vite Â» auprès des enquĂŞteurs.

Christian Nègre, ex-haut fonctionnaire de la Culture, a Ă©tĂ© mis en examen par deux juges d’instruction pour administration de substance nuisible Â», « violences par personne chargĂ©e de mission de service public Â» ou encore « atteinte Ă  l’intimitĂ© Â». Entre 2009 et 2018, l’ancien DRH du ministère de la Culture est accusĂ© d’avoir administrĂ© des diurĂ©tiques pour forcer près de 250 femmes Ă  uriner, sous couvert d’entretiens professionnels.

D’autres victimes ?

En poste dans la rĂ©gion Grand-Est, il avait Ă©tĂ© dĂ©masquĂ© en 2018 lorsqu’une interlocutrice l’avait surpris en train de la prendre en photo sous la table. Elle avait portĂ© plainte. « L’exploitation de son matĂ©riel informatique a permis de dĂ©couvrir un tableau recensant 181 entretiens avec des femmes, au cours desquels il est apparu qu’il faisait absorber Ă  celle-ci des produits diurĂ©tiques dans un cafĂ© ou thĂ© et attendait qu’elles soient acculĂ©es Ă  uriner en sa prĂ©sence Â», a dĂ©crit jeudi la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiquĂ©.

Parmi les 248 victimes recensĂ©es, « au moins 180 personnes se sont dĂ©jĂ  constituĂ©es parties civiles Â», ajoute le parquet. Un dĂ©compte qui ne semble pas s’arrĂŞter. D’autres femmes continuent Ă  se manifester rĂ©gulièrement, souligne une source proche du dossier.

La procureure de Paris a appelĂ© « toute victime non encore entendue Ă  se signaler au plus vite auprès de l’OCRVP [l’Office central de rĂ©pression des violences aux personnes] Â» et Ă  se constituer partie civile « si elle le souhaite Â». Les enquĂŞteurs espèrent pouvoir « faire retour de ces auditions Ă  la fin du mois de mars 2026 Â» dans le but de procĂ©der Ă  des Ă©valuations et interrogatoires supplĂ©mentaires. « La clĂ´ture des investigations est attendue d’ici la fin de l’annĂ©e 2026 Â», poursuit la procureur

Durée de l’instruction

Cet appel rĂ©pond en partie aux dolĂ©ances de plusieurs victimes, qui avaient fait part fin 2025 de leur exaspĂ©ration face Ă  la durĂ©e de l’instruction. Une rĂ©union d’information a Ă©tĂ© organisĂ©e par les juges d’instruction Ă  l’intention de leurs avocats fin janvier, et une autre est prĂ©vue au printemps pour les victimes qui se seront constituĂ©es parties civiles.

Mais le dĂ©lai très bref qui a Ă©tĂ© annoncĂ© aux victimes pour se manifester fait bondir Me Louise Beriot, l’une des avocates, et porte-parole, de la Fondation des femmes. « Ce travail d’investigation aurait dĂ» ĂŞtre menĂ© depuis six ans, nous sommes consternĂ©es ! Fixer un dĂ©lai aux victimes pour arriver dans la procĂ©dure, c’est extrĂŞmement choquant Â», explique celle qui dĂ©fend aussi plusieurs victimes. « Notre demande principale, ce sont des expertises en bonne et due forme. Les victimes ont les mĂŞmes droits que toutes les parties civiles dans n’importe quelle instruction Â», insiste-t-elle.

Dans son communiquĂ©, la procureure Ă©voque la mise en place d’un dispositif EEVI (Evaluation des besoins des victimes), dĂ©ployĂ© par l’association France Victimes et Paris Aide aux victimes. « Celui-ci ne doit pas remplacer les vĂ©ritables expertises judiciaires, permettant aux femmes d’être reconnues comme victimes et ensuite indemnisĂ©es Â», souligne l’avocate. Cette hâte soudaine, pour des femmes « qui ne sont pas auditionnĂ©es par le juge et n’ont pas accès Ă  une expertise Â» judiciaire, « c’est de la victimisation secondaire pure et simple ! Â», tempĂŞte-t-elle.

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En attendant un procès, certaines victimes ont pu obtenir des indemnisations, notamment en engageant la responsabilitĂ© de l’État. Certaines, qui s’étaient rendues au ministère en pensant passer un entretien de recrutement avec Christian Nègre, espĂ©raient aussi bĂ©nĂ©ficier, dans l’enquĂŞte en cours, de la protection fonctionnelle du ministère de la Culture. Elles ont essuyĂ©, dĂ©but janvier, une fin de non-recevoir au motif qu’elles n’avaient pas la qualitĂ© « d’agent public Â», selon un document consultĂ© par l’AFP.

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