20 MINUTES 🔵 Gard : Les autorités sanitaires bloquent des millions de bouteilles Perrier après de nouvelles contaminations
Selon les informations de Radio France, quatre millions de bouteilles Perrier sont bloquées dans l’usine située à Vergèze, dans le Gard. Les autorités auraient décidé d’en interdire la vente, après des analyses bactériennes non conformes. Les deux forages encore en activité auraient été mis à l’arrêt ponctuellement dans le courant du mois de novembre.
Contacté par Radio France, Nestlé, explique avoir « suspendu temporairement un forage pour réaliser des analyses complémentaires » après avoir « détecté une anomalie dans l’une de ses analyses » sur l’un des puits. Elle évoque un simple problème technique sur le second puits, lié à une « panne de courant ». La multinationale précise que « l’eau minérale naturelle Source Perrier peut être bue en toute sécurité ».
Mais d’après la radio, ce sont bien les autorités sanitaires qui sont à l’origine des arrêts temporaires de la production. En mai, la préfecture a interdit l’utilisation par Perrier des microfiltres à 0,2 micron, conçus pour retenir les particules les plus fines et qui retiennent également les bactéries. L’utilisation de ces filtres est interdite pour la production d’eau minérale naturelle. Depuis, 27 épisodes de non-conformité liés à des « écarts bactériologiques » auraient été signalés par Nestlé aux autorités sanitaires, selon la radio. L’information aurait été confirmée par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie.
L’avenir de la source Perrier entre les mains du préfet
Perrier a déjà dû détruire des millions de bouteilles potentiellement contaminées par le passé. Ces nouveaux épisodes interviennent alors que la préfecture doit se prononcer prochainement sur le maintien de son statut d’eau minérale naturelle. Selon les informations de Radio France, le directeur de l’ARS Occitanie doit remettre ce mercredi au préfet un rapport « favorable sous réserves ». Malgré un avis sanitaire défavorable en avril, rappelle la radio.
Le 18 novembre, le tribunal judiciaire de Nanterre a rejeté de son côté la demande en référé de suspension de production et de retrait-rappel des bouteilles de Perrier, formulée par l’UFC-Que Choisir. L’association de consommateurs pointait « un risque réel pour le consommateur, outre la tromperie évidente ». Le tribunal a jugé au contraire que « l’existence d’un risque sanitaire pour le consommateur lié aux eaux Perrier étiquetées « eaux minérales naturelles » n’est nullement établie avec l’évidence requise en référé ». De sorte « qu’aucun dommage imminent n’est démontré ».
Notre dossier sur Nestlé
Le représentant de l’Etat attend désormais le rapport du CoDERST pour rendre sa décision. Ce conseil est composé d’experts, d’élus et de représentants de la société civile, chargé de se prononcer sur l’exploitation des forages de Perrier. Mais son avis n’est que consultatif. Alors que des centaines d’emplois, directs et indirects, sont en jeu, c’est le préfet qui prendra sa décision au final, sans doute d’ici la fin de l’année.
