20 MINUTES 🔵 Des bureaux qui claquent, le nouvel argument des patrons – Shango Media
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20 MINUTES 🔵 Des bureaux qui claquent, le nouvel argument des patrons

Faire revenir les Ă©quipes dans les bureaux ! RĂ©Ă©crire une belle histoire d’amour ! Qui l’aurait imaginĂ© ? Le Covid a rĂ©volutionnĂ© notre manière de travailler avec le tĂ©lĂ©travail, le home office. Un peu partout dans le monde, patrons et salariĂ©s ont dĂ©couvert qu’ils pouvaient ĂŞtre tout aussi opĂ©rationnels Ă  distance, de chez eux ou parfois très loin des bases de leur sociĂ©tĂ©. En cette fin 2023, de plus en plus de grands groupes poussent cependant Ă  un retour de leurs cadres en prĂ©sentiel, au minimum deux voire trois jours par semaine. Une tendance qui est une nouvelle fois partie des États-Unis.

Quand le bureau prend sa revanche…

Chez Zoom – l’outil de tĂ©lĂ©travail, spĂ©cialiste de la visio, qui a tant chamboulĂ© nos manières de travailler –, la direction estime qu’une « approche hybride structurĂ©e est dĂ©sormais la plus efficace Â». Les dirigeants de Meta, de Salesforce et de Google en sont, eux aussi, convaincus : « Le seul tĂ©lĂ©travail n’est plus acceptable. Â» Elon Musk a pris la peine de faire passer lui-mĂŞme ce message auprès des Ă©quipes de Tesla avec la dĂ©licatesse qu’on lui connaĂ®t : « Toute personne qui souhaite tĂ©lĂ©travailler doit ĂŞtre au bureau pour un minimum de quarante heures par semaine, ou quitter Tesla. […] Si vous ne vous prĂ©sentez pas, nous considĂ©rerons que vous avez dĂ©missionnĂ©. Â»

Bien sĂ»r, il existe des salariĂ©s heureux de quitter enfin leur home office ! Le Covid a laissĂ© des traces psychologiques auprès de certains d’entre eux. Selon BĂ©atrice Roulleau, SEO Manager de Factorial – qui propose une solution RH complète et Ă©volutive : « Les Ă©quipes ont besoin de se retrouver, et les managers de recrĂ©er une dynamique. Le travail flexible est une bonne alternative. Â» Il n’est pas facile, cependant, de faire admettre Ă  certaines personnes qu’elles doivent retourner sur place full-time. Les habitudes se prennent vite, surtout lorsqu’on a le sentiment d’être aussi efficaces depuis chez soi… et que les faits ont pu le prouver dans la rĂ©alitĂ©. En 2022, 56 % des Français tĂ©lĂ©travaillaient, pour une moyenne de 3,6 jours par semaine. Particulièrement le vendredi, avec 49 % des employĂ©s Ă  domicile ; 77 % des salariĂ©s ont demandĂ© des outils plus pertinents qu’ils ont souvent obtenus pour augmenter leur productivitĂ©. Si les entreprises veulent vraiment faire revenir les employĂ©s dans leurs locaux, l’équation est assez simple : que le bureau soit encore mieux que leur domicile pour celles et ceux qui ne veulent pas le quitter ! Et 55 % des employĂ©s considèrent, Ă  ce jour, que leur entreprise ne met pas assez d’actions en place pour garantir leur bien-ĂŞtre au travail.

La balle n’a jamais Ă©tĂ© autant dans le camp des DRH et des entreprises. LĂ©a Binet-FertĂ©, directrice gĂ©nĂ©rale adjointe de Great Place to Work France – acteur qui mesure la confiance des collaborateurs dans 70 pays –, observe un mouvement de balancier avec le retour au bureau. « Avec l’incertitude Ă©conomique, la relation entre le collaborateur et l’entreprise se rĂ©Ă©quilibre. Il y a aussi un enjeu d’équitĂ© entre les cols-bleus et les cols blancs qui Ă©tait difficile Ă  gĂ©rer pour les sociĂ©tĂ©s. Les employeurs ont le sentiment que le tĂ©lĂ©travail Ă  outrance peut avoir un impact nĂ©gatif sur la productivitĂ©, sur l’attachement Ă  l’organisation qui conduit Ă  moins d’engagement. Â»

Flex office

Faciliter les lieux d’échange, de crĂ©ation avec des outils de communication connectĂ©s au monde extĂ©rieur, dĂ©velopper des moments de convivialitĂ©, proposer des activitĂ©s qui vont du coaching au fooding, des services – nursery, notamment –, telles sont les nouvelles grandes tendances. Ajoutons aussi le flex office, qui optimise le collaboratif. « Il faut accompagner ces mouvements, prĂ©conise LĂ©a Binet-FertĂ©. Ces nouveaux lieux, manières de travailler et activitĂ©s proposĂ©s crĂ©ent du lien au-delĂ  des diffĂ©rentes Ă©quipes, très simplement. Parfois une appli est pensĂ©e pour assurer les connexions. Cela fait partie des conditions favorables qui peuvent inciter des collaborateurs Ă  retourner au bureau et Ă  y ĂŞtre heureux. Â» Certains groupes vont jusqu’à aider leurs collaborateurs Ă  se loger Ă  proximitĂ© des bureaux parfois mĂŞme en acquĂ©rant des logements qu’ils leur louent. Des solutions de coliving se dĂ©veloppent. La Casa en est un des acteurs rĂ©fĂ©rents. Des sociĂ©tĂ©s comme Capgemini misent aussi sur le coworking et nouent des partenariats pour mettre Ă  disposition des collaborateurs des espaces de travail adaptĂ©s, connectĂ©s et proches de chez eux. Un lieu « intermĂ©diaire Â», mais un vrai bureau. Ce modèle reste, cependant, fragile, en tĂ©moigne la faillite annoncĂ©e du gĂ©ant amĂ©ricain We Work, qui s’apprĂŞterait Ă  dĂ©poser le bilan. Au total, ce sont 777 lieux et 906.000 postes de travail, rĂ©partis dans 39 pays, qui sont menacĂ©s de fermeture.

Feel Good Manager

La performance RSE, le bilan carbone du bureau sont dĂ©sormais devenus des critères clĂ©s de choix pour le salariĂ©, qui, après la rĂ©munĂ©ration et l’intĂ©rĂŞt du poste, a les yeux rivĂ©s sur les valeurs environnementales vĂ©hiculĂ©es par l’employeur. Sarah Delaval est dirigeante associĂ©e de Pousse, agence crĂ©Ă©e en 2013. Ă€ Paris, Bordeaux et Lille, avec une trentaine de salariĂ©s, elle vĂ©gĂ©talise des lieux de vie et de travail, intĂ©rieur et extĂ©rieur, avec style. Elle a comme clients connus Hermès, Morning Coworking, Lydia et Bacardi. « Avec l’après-Covid, il a fallu rĂ©inventer le bureau. On ne met plus des plantes parce que cela est beau. On cherche le sens de pourquoi on embellit les lieux. Â» Et Sarah Delaval de pointer tous les nouveaux mĂ©tiers qui se sont dĂ©veloppĂ©s au sein des groupes : « Avant, il y avait la DRH. Il y a dĂ©sormais, Ă  ses cĂ´tĂ©s, le responsable RSE, le Happiness Office Manager, le Facility Manager, le Plants Office Manager. Le Feel Good Manager est apparu, lui aussi ! C’est un phĂ©nomène nouveau qui rĂ©pond Ă  une tendance environnementale mais aussi Ă  celle du bien-ĂŞtre au travail. Â» Avec comme autres objectifs clairement affichĂ©s, ceux de nourrir une culture d’entreprise et d’aller chercher des labels de qualitĂ©, de services. Tout cela a bien sĂ»r un coĂ»t assumĂ©, et budgĂ©tĂ©.

L’environnement du bureau est de plus en plus au cĹ“ur des prioritĂ©s des entreprises françaises. Il ne s’agit plus d’un Ă©piphĂ©nomène rĂ©servĂ© aux start-up branchĂ©es. Valrhona, chocolaterie destinĂ©e aux pâtissiers et aux artisans, situĂ©e dans le Sud-Est a beaucoup investi dans la qualitĂ© de vie au travail de ses collaborateurs dans les usines mais aussi dans les bureaux administratifs. « C’est ainsi que nous avons crĂ©Ă© un pĂ´le santĂ©, pour aider nos collaborateurs Ă  mieux apprĂ©hender les relations non seulement au travail mais aussi en dehors. Ce pĂ´le est composĂ© de deux infirmiers de l’entreprise qui peuvent s’appuyer sur une assistante sociale et sur une psychologue. Â»

Comment ne pas ĂŞtre, alors, heureux Ă  l’approche de 2024 au bureau ? Mais la vraie prochaine rĂ©volution liĂ©e Ă  l’IA, prĂŞte Ă  dĂ©ferler sur tous nos Ă©crans et nos espaces de travail, n’est pas bien loin… Elon Musk – toujours lui – ne vient-il pas de confier que « grâce Ă  l’IA, travailler ne sera plus nĂ©cessaire […] mais un choix personnel Â», tout en soulignant « l’importance d’avoir un interrupteur physique Â» – comprenez pour les robots et les logiciels fous. Le bureau n’a pas fini de faire sa rĂ©volution…

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