20 MINUTES 🔵 Des arbres qui volent dans la forĂŞt… Quelle est cette technique de coupe du bois qui protège la nature ? – Shango Media
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20 MINUTES 🔵 Des arbres qui volent dans la forêt… Quelle est cette technique de coupe du bois qui protège la nature ?

Charles Ingalls peut aller se rhabiller. Alors oui, le plus cĂ©lèbre fendeur de bois du monde a fait la star pendant des annĂ©es avec sa hache. Mais le bĂ»cheron de la sĂ©rie La Petite maison dans la prairie est aujourd’hui dĂ©passĂ© par un mĂ©tier qui a Ă©normĂ©ment changĂ©. RĂ©putĂ© très dur et mal payĂ©, le job de bĂ»cheron s’est transformĂ© grâce Ă  l’arrivĂ©e d’engins mĂ©caniques très puissants. Des abatteuses et des tracteurs qui prĂ©sentent de nombreux avantages : une meilleure rentabilitĂ©, une productivitĂ© amĂ©liorĂ©e, une sĂ©curitĂ© renforcĂ©e et des conditions de travail optimisĂ©es. Un tableau quasiment parfait. Quasiment. Car la technique d’abattage classique prĂ©sente un inconvĂ©nient de poids : elle est très lourde.

Avec leurs engins pesant plusieurs tonnes, les professionnels du bois viennent tasser les sols et écraser tout ce qui passe sous leurs roues. Pas trop grave en été quand on reste sur les pistes tracées. Mais bien plus traumatisant en hiver, quand les sols gorgés d’eau ressemblent à de vieilles éponges. Avec le cocktail actuel de pluie, de froid et même de neige, le travail est même devenu impossible dans de nombreuses forêts ou bois. A moins d’utiliser une technique ancienne.

Dans la forĂŞt de Camors, les troncs d’arbres dansent en hauteur. Suspendus Ă  un câble, ils planent et voyagent Ă  quelques mètres au-dessus des sols dĂ©trempĂ©s de ce massif forestier nichĂ© Ă  quelques kilomètres de Lorient (Morbihan). C’est ici que Jean-Baptiste Lefloch a dĂ©ployĂ© son Ă©trange installation. « Les sols sont dĂ©trempĂ©s. C’est une tourbière dans laquelle on ne peut pas amener des engins, parce qu’ils sont trop lourds et qu’ils abĂ®meraient tout. Donc on utilise la technique du câble aĂ©rien Â», explique le patron.

Des câbles sur 300, 400 voire 500 mètres

Son entreprise forestière, basĂ©e Ă  ErguĂ©-GabĂ©ric (Finistère), est spĂ©cialisĂ©e dans cette mĂ©thode exigeante qui demande un long apprentissage. « Quelqu’un qui n’a jamais travaillĂ© au câble, il va pleurer. Il faut apprendre Ă  gĂ©rer les tensions, Ă  travailler Ă  la boussole pour rĂ©ussir Ă  tendre un câble sur 200 ou 300 mètres sans tout faire tomber Â». En France, les « meilleurs Â» du mĂ©tier sont mĂŞme capables de faire voler les troncs d’arbres sur 500 mètres. Deux Ă©coles installĂ©es près de Tignes et dans le Finistère forment les jeunes Ă  cette mĂ©thode plus respectueuse du milieu.

Avec la technique par câble aérien, les arbres coupés à la tronçonneuse sont transportés sur un long tracé métallique.
Avec la technique par câble aĂ©rien, les arbres coupĂ©s Ă  la tronçonneuse sont transportĂ©s sur un long tracĂ© mĂ©tallique. - T. Le Bourhis

Plus coĂ»teuse que la mĂ©thode d’abattage conventionnelle, la technique par câble aĂ©rien consiste donc Ă  sortir les arbres suspendus jusqu’à un point de chute oĂą ils sont chargĂ©s sur une remorque. « La mĂ©canisation du mĂ©tier a Ă©normĂ©ment apportĂ©. Mais elle est lourde. Quand les remorques sont chargĂ©es, les porteurs peuvent atteindre 40, 50 voire 70 tonnes. Le problème c’est qu’en hiver, on ne pourrait jamais travailler. Pour intervenir dans la tourbière de Camors, il nous fallait une autre technique Â», explique Tristan Le Bourhis, agent de l’Office national des forĂŞts (ONF) qui supervise ce chantier.

Plus respectueux de l’environnement

Cette solution par câble aĂ©rien est bien connue et très utilisĂ©e en montagne, quand la pente empĂŞche les vĂ©hicules d’approcher. Mais depuis quelques annĂ©es, elle est de plus en plus utilisĂ©e en plaine, notamment pour prĂ©server la biodiversitĂ©. « Les entreprises d’exploitation forestières sont bien conscientes de leur impact sur l’environnement. Elles font de plus en plus attention Â», embraye Jean-Baptiste Lefloch. Avec le rĂ©chauffement climatique, les pĂ©riodes pluvieuses peuvent aussi s’allonger en automne ou en hiver, empĂŞchant le dĂ©bardage des arbres.

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L’inconvĂ©nient majeur de cette technique aĂ©rienne, on l’a dit, c’est son prix. « Souvent 50 % de plus sur la facture, voire plus. Mais quand on fait appel au câble, on vise des arbres de bonne qualitĂ© et des essences que l’on pourra mieux valoriser Â», explique le technicien de l’ONF. « C’est sĂ»r que c’est plus cher. Mais ça permet de sortir du bois tout de suite et d’éviter qu’il ne s’abĂ®me pendant des semaines ou des mois. Au final, on peut mieux le valoriser que s’il Ă©tait restĂ© lĂ  tout l’hiver Â», poursuit Jean-Baptiste Lefloch. Les propriĂ©taires et exploitants de forĂŞts l’ont bien compris et font de plus en plus appel Ă  la technique par câble. La preuve : l’agenda de la sociĂ©tĂ© du Finistère affiche dĂ©jĂ  complet jusqu’en 2027.

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