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20 MINUTES 🔵 Comment Ciotti fait imploser la droite par son « alliance » avec le RN

Il est arrivĂ© au JT de 13 Heures de TF1 avec une bombe en poche. Eric Ciotti a fait exploser la droite Ă  la mi-journĂ©e, indiquant qu’il acceptait la main tendue par Jordan Bardella et Marine Le Pen pour les lĂ©gislatives anticipĂ©es des 30 juin et 7 juillet prochains. « Nous avons besoin d’une alliance, en restant nous-mĂŞmes, (…) avec le Rassemblement national et avec ses candidats Â». Le prĂ©sident (en sursis) des RĂ©publicains avait alors un Ă©trange sourire en coin, conscient sans doute qu’il prenait une dĂ©cision inĂ©dite dans l’histoire de la droite française.

Ciotti lâché par les cadres

Pour justifier la fin du « cordon sanitaire Â» avec l’ancien parti de Jean-Marie Le Pen, Eric Ciotti a indiquĂ© qu’il n’y avait pas vraiment d’autre choix pour prĂ©server la reprĂ©sentation de ses troupes – 61 dĂ©putĂ©s – Ă  l’AssemblĂ©e nationale. « Aujourd’hui, la droite est trop faible pour s’opposer aux deux blocs qui sont les plus dangereux Â», a-t-il indiquĂ©, ciblant le camp macroniste et le « Front populaire Â», la nouvelle alliance des gauches pour les lĂ©gislatives.

De quoi susciter la stupeur des cadres de son mouvement, mĂŞme ceux qui Ă©taient proches de sa ligne politique. « DĂ©loyautĂ© et manque de droiture Â», pour le patron des sĂ©nateurs LR François Retailleau. « Contre-productif Â» pour l’eurodĂ©putĂ© François-Xavier Bellamy. « Saut dans l’inconnu Â» pour Laurent Wauquiez, prĂ©sident de la rĂ©gion Auvergne-RhĂ´ne-Alpes et candidat aux lĂ©gislatives. Tous les cadors ont dĂ©noncĂ© une « initiative personnelle Â», lui demandant de quitter fissa son poste de prĂ©sident. A l’image de Florence Portelli, auprès de 20 Minutes :

« Â« Il tente de sauver sa circonscription Ă  Nice, il faut le dĂ©barquer pour sa collaboration avec le RN. Ce n’est pas une trahison, c’est juste mĂ©diocre. Il fait partie de ces gens qui renient toutes leurs convictions pour un plat de soupe Â», s’agace la vice-prĂ©sidente LR. Â»

Quel impact sur le scrutin ?

Devant la presse, l’intĂ©ressĂ© a indiquĂ© sans sourciller qu’il ne comptait en rien lâcher son trĂ´ne, assurant avoir le soutien des adhĂ©rents. « Je suis prĂ©sident des RĂ©publicains, je le reste. Mon mandat, je le tiens des militants, seuls les militants pourront me l’enlever Â». Le patron de la droite, Ă©lu fin 2022 sur une ligne très Ă  droite, jure n’être pas seul dans cette dĂ©marche. Il cite Guilhem Carayon, responsable des jeunes et porte-parole LR, CĂ©line Imart, n°2 sur la liste LR aux europĂ©ennes, mais aussi des dĂ©putĂ©s sortants. Combien suivront ? Que fera le reste de la droite aux lĂ©gislatives ?

Difficile de mesurer l’impact d’une telle annonce, Ă  l’heure oĂą la recomposition de la vie politique française s’accĂ©lère. Le silence radio Ă©tait de mise chez bon nombre d’élus LR contactĂ©s ce mardi après-midi. Au Rassemblement national, on se frotte dĂ©jĂ  les mains. « Des LR, qui partagent un grand nombre de nos idĂ©es et qui ne souhaitent plus ĂŞtre la bĂ©quille d’Emmanuel Macron, ont l’opportunitĂ© historique de nous rejoindre pour redresser le pays Â», salue ainsi Julien Odoul, dĂ©putant RN sortant.

Au gouvernement, GĂ©rald Darmanin a fustigĂ© cette alliance : « Ă‰ric Ciotti signe les accords de Munich et enfonce dans le dĂ©shonneur la famille gaulliste en embrassant Marine Le Pen. Une honte Â», a tweetĂ© le ministre de l’IntĂ©rieur. Eric Ciotti a donc lancĂ© une bombe aux consĂ©quences encore incertaines. Mais elle pourrait, le 7 juillet au soir, transformer la droite en champ de ruines.

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