20 MINUTES 🔵 C’est quoi Riposte alimentaire, qui asperge les tableaux de soupe ? – Shango Media
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20 MINUTES 🔵 C’est quoi Riposte alimentaire, qui asperge les tableaux de soupe ?

Ils ont aspergĂ© de soupe La Joconde au musĂ©e du Louvre Ă  Paris, le 28 janvier dernier, ont interrompu un dĂ©bat au Forum europĂ©en de la bioĂ©thique Ă  Strasbourg dix jours plus tard, et viennent de rĂ©itĂ©rer leur action parisienne sur un tableau de Monet, Le Printemps, au musĂ©e des Beaux-arts de Lyon. Des actions revendiquĂ©es par « Riposte alimentaire Â». Mais alors, c’est quoi ce mouvement ? Quelles sont les revendications ? 20 Minutes fait le point avec Till, un membre actif local de cette nouvelle campagne.

Qu’est-ce que signifie Riposte alimentaire ?

Riposte alimentaire est une « campagne de rĂ©sistance civile qui vise Ă  impulser un changement radical de sociĂ©tĂ© sur le plan climatique et social Â», explique Till. Au total, il y a entre 300 et 500 membres actifs dans cette campagne.

Le mouvement s’est crĂ©Ă© dans la continuitĂ© de Dernière rĂ©novation, qui a agi pendant un et demi sur la question de la rĂ©novation thermique des bâtiments. Estimant que cette question avait connu des avancĂ©es majeures, tant en matière de mĂ©diatisation qu’en termes d’engagements politiques – comme l’augmentation d’1,6 milliard d’euros du budget pour ma PrimeRĂ©nov’ -, les membres du collectif ont optĂ© pour « changer de cap Â» et « aller sur un autre sujet Â», l’alimentation.

Quelles sont les revendications ?

Cette nouvelle campagne, qui souhaite « alerter sur la crise climatique et sociale Ă  venir Â», rĂ©clame « l’intĂ©gration de l’alimentation dans le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la SĂ©curitĂ© sociale Â». Elle a Ă©tĂ© votĂ©e parmi cinq autres propositions, en fin d’annĂ©e dernière, confie l’activiste.

« On se base sur trois piliers, dĂ©veloppe Till. D’abord, l’universalitĂ©. Chaque habitant, habitante, indĂ©pendamment de sa condition sociale, bĂ©nĂ©ficiera d’une carte Vitale de l’alimentation d’un montant de 150 euros par mois. Ensuite, le conventionnement dĂ©mocratique. Le principe serait d’avoir des caisses locales autonomes qui permettraient d’acheter des produits conventionnĂ©s et sĂ©lectionnĂ©s dĂ©mocratiquement par des assemblĂ©es citoyennes informĂ©es des enjeux Ă©cologiques et agricoles. Et pour finir, avec le mĂŞme fonctionnement que pour la SĂ©curitĂ© sociale, le financement se fera par un système de cotisations salariales et patronales, assurant ainsi une juste rĂ©partition. Â» Riposte alimentaire demande alors Ă  l’Etat de dĂ©bloquer un budget permettant aux collectivitĂ©s d’ouvrir ces caisses.

Combien de temps cette campagne va-t-elle durer ?

Selon le membre actif, une campagne n’est pas vouĂ©e Ă  durer « dix ans Â». « En gĂ©nĂ©ral, on estime que c’est environ deux ans, prĂ©cise-t-il. C’est variable en fonction du contexte politique et sociĂ©tal. La durĂ©e de la campagne dĂ©pend Ă©galement des mĂ©dias. Est-ce qu’ils s’intĂ©ressent Ă  nos revendications, Ă  nos actions, de la bonne manière ? On Ă©value tout ça. Si on trouve qu’on a fait le nĂ©cessaire, on s’empare d’un autre combat pour essayer de faire bouger les choses. Â»

Quelles sont les modes d’actions ?

Mains collĂ©es sur le bitume en plein milieu d’une route, s’attacher au filet lors d’un match de tennis lors de Roland Garros ou encore, des jets de peinture sur des bâtiments. Riposte alimentaire rĂ©alise le mĂŞme genre d’actions que Dernière rĂ©novation depuis le dĂ©but de sa campagne. Ce week-end, c’était de la soupe sur un Monet Ă  Lyon mais « plein d’autres actions sont Ă  venir dans plein d’autres villes en France Â», prĂ©vient le militant.

Il ajoute : « Riposte alimentaire fait partie du rĂ©seau international A22 dĂ©ployĂ© au sein de douze pays qui comprend Just stop oil ou encore Aterställ Vatmarker, connus pour ces modes d’actions de perturbations. Elles sont faites pour alerter. On a pour vocation de mettre des sujets essentiels sur la table dans l’espace mĂ©diatique. Â» Face aux critiques, Till rappelle que le « but de ces campagnes est de parler du fond et que les citoyens et citoyennes s’emparent de ces thèmes-lĂ  Â».

Alors, Ă  quoi ça sert de jeter de la soupe sur un tableau de peinture ?

« C’est un plus si nos actions peuvent avoir de la symbolique et un lien direct avec la revendication, continue Till. Parfois, ce n’est pas possible donc le but c’est juste d’avoir des processus clairs, qui fonctionnent, et derrière, avoir du temps parole, de l’espace mĂ©diatique pour pouvoir parler de la revendication. C’est ça le plus important. Parler de la forme, ça ne nous intĂ©resse pas, c’est juste un moyen d’avoir accès Ă  la parole et susciter l’interrogation, amener la population Ă  rĂ©flĂ©chir sur les combats qu’on dĂ©fend. Â»

« Il y a un cheminement Ă  rĂ©aliser, ça peut prendre son temps. Mais au fur et Ă  mesure, plus on s’y intĂ©resse, plus on comprend Â», conclut le membre du collectif lyonnais qui invite toutes les personnes curieuses Ă  venir aux rĂ©unions publiques d’information.

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