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20 MINUTES 🔵 « C’est dur pour moi de regarder une série à la vitesse normale »… Comment le speed-watching débarque dans nos vies

Chez vous, un Ă©pisode de Game of Thrones ne dure jamais 55 minutes mais plutĂ´t 30 ? Vous trouvez les vidĂ©os TikTok de 3 minutes interminables, oĂą vous Ă©coutez systĂ©matiquement vos podcast en x1,5 ? Et bien dans ce cas, vous ĂŞtes sans doute un adepte du speed-watching.

AdulĂ©e par certains, dĂ©criĂ©e par d’autres, cette pratique – très prisĂ©e par la gĂ©nĂ©ration Z – consiste Ă  visionner des vidĂ©os en accĂ©lĂ©rĂ©, y compris des sĂ©ries et des films. « Est-ce que d’autres personnes regardent leur sĂ©rie en x1,5 ou en x2 ? C’est tellement dur pour moi de regarder une sĂ©rie Ă  la vitesse normale, je n’ai plus la patience pour ça. Â», explique un utilisateur sur TikTok.

Plateformes de streaming et réseaux sociaux s’adaptent à la vitesse

Netflix, HBO, Disney plus… Aujourd’hui presque toutes les plateformes de streaming se sont adaptĂ©es aux spectateurs les plus pressĂ©s. La plupart proposent soit une fonctionnalitĂ© permettant d’accĂ©lĂ©rer la vitesse de visionnage, soit la possibilitĂ© d’avancer par saut de dix secondes. D’autres diffuseurs, comme la smart tv amĂ©ricaine Tivo vont mĂŞme encore plus loin en corrigeant la voix des acteurs, histoire que notre cher Thomas Shelby de Peaky Blinders ne se retrouve pas avec une voix de Chipmunk !

Ces dernières années, les réseaux sociaux se sont également mis à la page. Instagram et TikTok ont eux aussi intégré la lecture en x2, accessible en maintenant le doigt appuyé sur la partie droite de l’écran. Sur TikTok, cette habitude est si répandue que certains créateurs conseillent directement à leurs abonnés de regarder leurs vidéos en x2, quand bien même ces contenus durent rarement plus de trois minutes.

Une pratique à laquelle notre cerveau s’habitue plutôt bien

Pour ClĂ©ment Combes, enseignant-chercheur en sociologie, la pratique du speed-watching ne date pourtant pas d’hier. « Cette pratique s’inscrit dans un mouvement assez large d’accĂ©lĂ©ration des consommations culturelles et mĂ©diatiques Â», explique ce maĂ®tre de confĂ©rences Ă  l’UniversitĂ© Sorbonne Nouvelle. « Aujourd’hui nous sommes amenĂ©s Ă  rĂ©pondre Ă  de nombreuses sollicitations, a fortiori avec les rĂ©seaux sociaux numĂ©riques qui ont implĂ©mentĂ© ce système avec un ensemble de fonctionnalitĂ©s pour solliciter notre attention. Si l’on prend une grande sĂ©rie des annĂ©es 2000 comme The Wire, qui a une rythmique qui allait très bien pour l’époque, aujourd’hui elle nous paraĂ®t très lente. Non seulement le rythme des sĂ©ries s’est accĂ©lĂ©rĂ© mais aujourd’hui nous sommes en capacitĂ© d’accĂ©lĂ©rer nous-mĂŞme ce rythme Â», dĂ©taille le chercheur.

Mais alors, est-ce grave docteur ? D’après une rĂ©cente Ă©tude de l’universitĂ© de Californie Ă  Los Angeles, notre cerveau semble plutĂ´t bien s’adapter Ă  cette pratique. Les chercheurs ont rapportĂ© que 85 % des Ă©tudiants interrogĂ©s consultent leurs fichiers audio ou vidĂ©o en lecture accĂ©lĂ©rĂ©e. Plus surprenant encore, une expĂ©rience conduite avec un document audio sur l’Empire romain a montrĂ© que les Ă©tudiants l’ayant Ă©coutĂ© en Ă— 2 obtenaient des rĂ©sultats similaires, lors d’un test de comprĂ©hension, Ă  ceux l’ayant suivi… Ă  vitesse normale.

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