20 MINUTES 🔵 CES Las Vegas 2026 : Mais que deviennent les innovations et leur effet « waouh » après le salon ? – Shango Media
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20 MINUTES 🔵 CES Las Vegas 2026 : Mais que deviennent les innovations et leur effet « waouh » après le salon ?

Chaque annĂ©e, c’est la mĂŞme vision depuis Las Vegas : des voitures futuristes, des objets connectĂ©s, des inventions Ă  l’utilitĂ© plus ou moins Ă©vidente. Depuis 1967, le CES (pour Consumer Electronics Show) prĂ©sente au monde les dernières nouveautĂ©s en matière d’innovation et d’entrepreneuriat dans la tech. Mais après ce coup de projecteur mĂ©diatique annuel, toutes les inventions ne connaissent pas forcĂ©ment le mĂŞme destin.

Sur place, le CES fonctionne comme un immense accĂ©lĂ©rateur de visibilitĂ©. « C’est une occasion de croiser tout le marchĂ©, la presse de tous les pays. C’est aussi lĂ  qu’on rencontre nos partenaires technologiques ou de distribution Â», rĂ©sume ClĂ©mence Carreel, chief officer chez Withings. La marque française s’est fait connaĂ®tre grâce Ă  ses balances connectĂ©es et autres objets de santĂ©. En 2025, elle y prĂ©sentait par exemple Omnia, un miroir connectĂ© dopĂ© Ă  l’intelligence artificielle, capable d’afficher des donnĂ©es de santĂ©.

Le CES, gage de crédibilité

Un objet impressionnant mais qui n’est jamais arrivĂ© dans vos salons. Et pour cause : il n’était mĂŞme pas destinĂ© Ă  ĂŞtre vendu. « Omnia, c’était un concept. Cela permettait de montrer ce que l’on proposait dans notre application Â», explique ClĂ©mence Carreel. Depuis, le miroir a surtout servi d’outil d’expĂ©rimentation, exposĂ© dans quelques boutiques.

Cette frontière floue entre dĂ©monstration technologique et produit rĂ©el est au cĹ“ur de l’ADN du CES. Pour les start-up, le salon est souvent moins un point d’arrivĂ©e qu’un passage obligĂ©. HervĂ© Fredouille, fondateur de zUFO, qui dĂ©veloppe une chaussure de ski intĂ©grant un exosquelette, en a fait l’expĂ©rience. « Le CES accĂ©lère la crĂ©dibilitĂ©, explique-t-il. Une innovation, quand elle est commercialisĂ©e, est dans le stade de l’évidence. Mais avant ça, il y a des phases de doute, d’intĂ©rĂŞt, d’exploration. Â»

RĂ©compensĂ©e par un prix lors de l’édition 2023, sa chaussure n’est toujours pas sur le marchĂ©. « C’est un travail de longue haleine, souffle-t-il. On est passĂ© par 18 versions. On espère lancer des tests grand public cet hiver. Â» Pour lui, la reconnaissance du CES agit surtout après coup : « Mes sous-traitants, mes financeurs, ça les met plus en confiance. Un prix est un formidable accĂ©lĂ©rateur, jamais un gage de succès. Â»

Critiques et destins en demi-teinte

L’histoire rĂ©cente du salon regorge donc d’innovations très mĂ©diatisĂ©es mais jamais adoptĂ©es. La start-up française Zhor-Tech avait ainsi marquĂ© les esprits avec des chaussures capables de se lacer toutes seules, façon Retour vers le futur. MalgrĂ© une couverture mĂ©diatique importante, aucune trace de commercialisation du produit presque dix ans après. L’entreprise a depuis pivotĂ© vers des semelles connectĂ©es Ă  destination du secteur mĂ©dical. Sort un peu moins clĂ©ment pour Airxom, qui avait prĂ©sentĂ© un masque connectĂ© Ă  destination des personnes immunodĂ©primĂ©es pendant la crise du Covid-19 : la start-up a disparu.

Ces trajectoires parfois en demi-teinte, et ce malgrĂ© le battage mĂ©diatique autour de l’évĂ©nement, alimentent chez certains une forme de scepticisme vis-Ă -vis du CES. En 2020, l’entrepreneur Nicolas Baldeck avait choisi de le tourner en dĂ©rision en exposant Smart Potato : une patate connectĂ©e, prĂ©sentĂ©e avec tous les codes des start-up. « ĂŠtre au CES n’a rien d’extraordinaire en soi, il suffit de payer son stand, constate-t-il. L’idĂ©e, c’était d’interpeller : est-ce que c’est plus bĂŞte une patate connectĂ©e qu’une machine Ă  cafĂ© connectĂ©e ? Â» Ayant lui-mĂŞme participĂ© au salon quelques annĂ©es plus tĂ´t pour une « vraie Â» start-up, il se montre critique sur certaines dĂ©rives : « On voit parfois des start-up financĂ©es, accompagnĂ©es, alors qu’au bout d’un an ou deux, on se rend compte qu’elles n’ont pas de marchĂ©. Â»

Des gadgets connectés à la révolution de l’IA

Pour autant, le CES n’est pas qu’un théâtre de gadgets. « ĂŠtre au CES ne garantit absolument pas le succès d’un projet, mais le salon reste intĂ©ressant pour le rĂ©seau et pour comprendre l’écosystème tech Â», nuance Nicolas Baldeck. Il se montre mĂŞme plutĂ´t optimiste sur la tendance des objets augmentĂ©s par IA que l’on observe depuis quelques annĂ©es Ă  Las Vegas. « Les objets connectĂ©s ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s comme une rupture, ça ne s’est pas avĂ©rĂ©. L’intelligence artificielle, c’est très diffĂ©rent, assure-t-il C’est une vraie rupture, comparable Ă  l’arrivĂ©e d’Internet. Â»

Entre vitrines futuristes et innovations un peu fantaisistes, quelle voie doivent suivre les stat-up pour sortir du lot ? « Ce sont les fondamentaux qui font la diffĂ©rence : crĂ©er une valeur diffĂ©renciante, bien connaĂ®tre son marchĂ©, rĂ©pondre Ă  un besoin concret Â», rĂ©sume HervĂ© Fredouille, de zUFO.

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