20 MINUTES 🔵 A Paris, 300 manifestants tentent de faire entendre la cause ukrainienne – Shango Media
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20 MINUTES 🔵 A Paris, 300 manifestants tentent de faire entendre la cause ukrainienne

Le vent s’est un peu levé, de quoi faire onduler les drapeaux sur la place de la fontaine des Innocents à Paris, quand les premières notes de l’hymne ukrainien résonnent. Les mains sur le cœur, les yeux rougis, quelque 300 personnes, selon Jean-Pierre Pasternak, président de l’Union des Ukrainiens de France, chantent à l’unisson pour l’Ukraine contre l’envahisseur russe.

Tous les mercredis et samedis ils se retrouvent pour faire vivre la cause, pour que la guerre aux portes de l’Europe dĂ©clenchĂ©e par les troupes de Vladimir Poutine le 22 fĂ©vrier 2022 ne sombre pas dans l’oubli. Mais ce 10 juillet, il y a un peu plus de monde que d’habitude, remarque Jean-Pierre Pasternak. L’horreur de l’actualitĂ© a remobilisĂ© les troupes. Lundi, une bombe russe a visĂ© un hĂ´pital spĂ©cialisĂ© dans les soins pĂ©diatriques.

Une pancarte en soutien au peuple ukrainien lors d'un rassemblement Ă  Paris, mercredi 10 juillet 2024.
Une pancarte en soutien au peuple ukrainien lors d’un rassemblement Ă  Paris, mercredi 10 juillet 2024. - CĂ©cile de Sèze

Au moins 33 personnes, dont quatre enfants, ont été tuées à Kiev où les missiles russes et leurs débris ont frappé, outre l’hôpital, une clinique privée et des immeubles d’habitation.

« Ce n’est pas fini Â»

Diana, 22 ans, est venue pour « rappeler au monde et Ă  l’Europe qu’il y a toujours la guerre en Ukraine Â». Habitante en France depuis fĂ©vrier 2022, elle frĂ©quente des Français au quotidien. De leurs propres aveux, ils lui confirment que la guerre est passĂ©e au dernier plan, derrière les bombardements israĂ©liens Ă  Gaza et surtout derrière l’actualitĂ© politique nationale. Alors pour rappeler Ă  la France que les Ukrainiens « souffrent toujours Â» et que « Vladimir Poutine ne s’arrĂŞtera pas lĂ  Â», « manifester, c’est le minimum que je peux faire Â», explique-t-elle.

De plus en plus de personnes affluent et se rassemblent au métro Rambuteau, derrière Beaubourg. Ils échangent en Ukrainien et portent des pancartes anti-Poutine. Une version XXL du drapeau jaune et bleu est déployée tandis que dans le ciel des Halles, les couleurs françaises et européennes côtoient le drapeau ukrainien.

Le drapeau ukrainien déployé lors d'un rassemblement dans le quartier des Halles à Paris, mercredi 10 juillet 2024.
Le drapeau ukrainien dĂ©ployĂ© lors d’un rassemblement dans le quartier des Halles Ă  Paris, mercredi 10 juillet 2024. - CĂ©cile de Sèze

Entre deux slogans accusant le rĂ©gime russe de terrorisme, Maxime, 42 ans, martèle que « la guerre est encore en cours, ce n’est pas fini Â». ArrivĂ© en France en mars 2022, il relève lui aussi avec regret que la guerre ne fait plus la Une de l’actualitĂ©. Alors il milite Ă  son niveau pour faire connaĂ®tre l’histoire d’Ukraine Ă  travers les livres « parce que je pense qu’avant la guerre, les Français pensaient que l’Ukraine faisait partie de la Russie, et c’est dommage Â».

Entre émotion et détermination

Les manifestants de tous les âges sont invitĂ©s Ă  respecter une minute de silence, pour « nos frères et sĹ“urs tombĂ©es Â». Parmi ces disparus, Jean-Pierre Pasternak compte 559 enfants depuis le dĂ©but de l’offensive sur le territoire ukrainien. Alors qu’il Ă©numère les villes théâtres de la barbarie russe (comme Boutcha, Dnipro, Marioupol et tant d’autres), des larmes coulent sur certains visages, les autres sont fermĂ©s et affichent parfois un air dĂ©terminĂ©. Car c’est aussi le courage et la tĂ©nacitĂ© de ces Ukrainiens qui rĂ©sonnent au micro tendu dans les rues de la capitale lorsqu’ils reprennent en chĹ“ur « Russie terroriste, Russie hors d’Ukraine, Russie criminelle Â».

Natalia, 42 ans, habite depuis huit ans en France. Un pays oĂą « on ne sent pas la guerre Â», mais ce n’est pas pour ça qu’elle n’existe pas, souligne-t-elle. Elle en sait quelque chose puisque ses frères combattent sur le front pour la libertĂ© du peuple ukrainien. Et mĂŞme si Ă  « la tĂ©lĂ©vision, on ne voit pas ce qu’il se passe en Ukraine, il y a des bombardements chaque jour dans les grandes villes Â», rappelle-t-elle. Le cortège s’élance Ă  quelques centaines de mètres du point de rendez-vous, place de la fontaine des innocents. Un lieu qui prend une symbolique toute particulière deux jours après le massacre d’enfants Ă  Kiev. « C’est comme si l’hĂ´pital Necker Ă  Paris Ă©tait pris pour cible Â», compare Jean-Pierre Pasternak au micro.

Notre dossier sur la guerre en Ukraine

Plusieurs ont encore de la famille en Ukraine. Comme Maxime pour ses proches, la jeune Diana s’inquiète pour les siens qui habitent Ă  cĂ´tĂ© de la Pologne et subissent des coupures d’électricitĂ©. « On ne sait pas quel hĂ´pital ou quelle maison va disparaĂ®tre Â», se dĂ©sole-t-elle, enroulĂ©e dans son drapeau jaune et bleu.

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